Entretien

À la reconquête de la biodiversité

TSE, opérateur indépendant français photovoltaïque et agrivoltaïque, s’est engagé à réduire son empreinte biodiversité. Yannick Giloux, directeur Biodiversité, nous explique à travers quel outil et par quelles actions.

PAR AUDE FABRE - JANVIER 2024
Yannick Giloux, directeur Biodiversité chez TSE. ©TSE

Pourquoi vouloir réduire son empreinte biodiversité ?

Il y a cinq ans, TSE a choisi de faire de la biodiversité un point fort plus qu’une contrainte. Pour obtenir l’autorisation de monter un projet photovoltaïque ou agrivoltaïque, l’impact de la centrale sur la biodiversité compte beaucoup, notamment à travers l’occupation du sol par l’installation. Pour faire de cette contrainte un avantage, nous définissons une stratégie adaptée à chaque projet afin de mettre en place des mesures de compensation et/ou de contribution volontaire. Nous avons donc souhaité calculer notre empreinte sur la biodiversité et l’effet des mesures prises pour la réduire. Nous souhaitions également suivre ces indicateurs dans le temps.

Avec quel outil est-elle évaluée ?

Suite à des échanges avec la Caisse des dépôts et de consignation, nous avons choisi l’outil Global Biodiversity Score (GBS) en 2022. Il permet de mesurer l’impact de l’entreprise et de ses activités sur l’ensemble de la biodiversité terrestre et aquatique dans les phases statiques (extraction et fabrication des matériaux et structures) et dynamiques (période d’exploitation des centrales). Cet outil est en lien avec d’autres standards internationaux et se mesure par une surface de milieu naturel dégradé (MSA.km²). La mesure de notre empreinte GBS est un pas supplémentaire dans l’engagement de TSE en faveur de la biodiversité qui permettra de mettre en évidence notre contribution à sa préservation tout en assurant notre rôle d’opérateur d’énergie renouvelable.

Quelle était votre empreinte biodiversité lors de votre engagement ?

En 2022, plus de 90 % de nos impacts négatifs sont réalisés lors des phases statiques, notamment par la pression d’usage des sols pour les opérations d’extraction des matières premières et les émissions carbone pour le transport et la fabrication. Pour l’ensemble des sociétés dont l’activité dépend de l’approvisionnement en matériaux, la communication sur le niveau de l’empreinte GBS de cette phase statique est peu pertinente car l’empreinte est principalement celle du fournisseur (et résulte en très faible proportion de l’activité de TSE par exemple) et, même avec des politiques d’achat responsable, la marge de progression d’une entreprise seule est quasi inexistante.

Une fois que la centrale est en activité (phase dynamique), notre impact est neutre à positif. En effet, d’une part, le terrain choisi pour installer la centrale présente peu d’enjeux écologiques et d’autre part, l’énergie renouvelable produite contribue à réduire les émissions (carbone notamment) par rapport à l’usage d’énergie fossile. Notre empreinte GBS, calculée avec l’appui de la société Biodiv’Corp, était de 0,6 MSA.km² en phase dynamique. Nous prévoyons de suivre ces indicateurs tous les trois ans, pour un prochain point d’étape en 2025. Malheureusement, le positionnement de l’entreprise dans son secteur et en comparaison avec ses concurrents est difficile car on compte peu d’empreintes réalisées au regard du nombre d’entreprises, et les tailles et domaines des sociétés sont parfois trop différents.

Quelles actions avez-vous mises en place pour réduire votre empreinte ?

Nous agissons sur les deux fronts : statique et dynamique. Nous travaillons avec les acteurs de la filière photovoltaïque pour améliorer l’empreinte statique, notamment sur la fabrication des panneaux. TSE a également intégré le consortium Holosolis en mai 2023, qui a pour projet la construction d’une industrie de fabrication de panneaux à Hambach, en Moselle. Pour réduire son empreinte statique, des structures en acier bas carbone seront utilisées. Et pour réduire notre empreinte dynamique, nous avons lancé un premier mécénat d’entreprise pour des projets associatifs de restauration écologique. Nous avons pu restaurer, en 2022-2023, 46 hectares de milieux naturels, ce qui a généré une réduction de 6 à 8 % de l’empreinte dynamique de TSE (qui était de 0,6 MSA.km²), nous rapprochant ainsi de notre objectif : développer des projets à impact positif sur la biodiversité. Nous prévoyons de lancer un deuxième appel à projets pour du mécénat en 2024.

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