À partir de 2025, les serres bio ne pourront être chauffées qu’aux renouvelables

La décision votée cet été par le Comité national d’agriculture biologique est déjà prise en compte dans l’application du règlement européen sur la production biologique.

PAR CAROLE RAP - SEPTEMBRE 2019
Légumes cultivés sous serre ©Johan Puisais – Pixabay

Le 11 juillet dernier, le Comité national d’agriculture biologique (CNAB) a voté deux mesures, dont la seconde intéresse directement la filière des renouvelables. La première vise l’interdiction de commercialiser des tomates, courgettes, poivrons, aubergines et concombres biologiques entre le 21 décembre et le 30 avril sur le territoire métropolitain. L’objectif est d’empêcher qu’ils ne soient cultivés hors saison sous serre chauffée. « Cette décision est un compromis. L’enjeu est de préserver la saisonnalité des productions en bio et d’éviter celles qui ne respectent pas les cycles naturels, comme les fameuses tomates bio en plein mois de janvier. Pour autant, elle n’interdit pas le chauffage. D’où la volonté de prévoir un passage progressif vers les énergies renouvelables », relate Charles Pernin, délégué général du Synabio, le syndicat des transformateurs et distributeurs bio. C’est l’objet de la seconde mesure adoptée par le CNAB. Contrairement à la première, qui a fait débat, celle concernant l’énergie a plutôt fait consensus. « Ce n’était pas l’enjeu principal. Tout le monde était aligné, avec des nuances sur le temps donné aux agriculteurs pour la mettre en place. »

Ces décisions ont été immédiatement transcrites dans le Guide de lecture pour l’application des règlements de l’Union européenne. Dans sa version de juillet 2019, a été ajouté : « Les producteurs sont soumis à l’obligation d’utiliser uniquement des énergies renouvelables pour chauffer les serres, pour toutes les exploitations entrant en conversion à partir du 1er janvier 2020. Pour les exploitations en conversion ou certifiées avant cette date, cette obligation entrera en vigueur au 1er janvier 2025. Ces obligations ne s’appliquent pas à la production de plants. » « Le label bio vise une cohérence environnementale. S’il y a chauffage, il faut que celui-ci ait un impact aussi faible que possible sur l’environnement », explique Charles Pernin. Le délégué général du Synabio rappelle à ce titre l’article 3 du règlement européen du 28 juin 2007, qui précise les objectifs poursuivis par la production biologique. L’un d’eux consiste à « établir un système de gestion durable pour l’agriculture faisant une utilisation responsable de lénergie et des ressources naturelles ».

 

Définition des EnR

Les énergies renouvelables ne sont pas définies dans le règlement européen de 2007. En revanche, elles le sont dans celui du 30 mai 2018, applicable à partir du 1er janvier 2021. Il s’agit « d’énergie produite à partir de sources d’énergie non fossiles renouvelables telle que l’énergie éolienne, solaire, géothermique, houlomotrice, marémotrice et hydroélectrique, le gaz de décharge, le gaz des stations d’épuration d’eaux usées et le biogaz ».