Entretien

Acceptabilité de l’agrivoltaïsme : « Nous avons tout expliqué, tout rendu public »

Dans le Lot-et-Garonne, onze fermes ont développé des projets agrivoltaïques sur 1 300 ha au total. Pour que ce projet voit le jour, un long processus de concertation a été établi. Raymond Girardi, vice-président du syndicat agricole du Mouvement de défense des exploitants familiaux et à la tête de la communauté de communes des Coteaux et Landes de Gascogne à l’origine du projet, nous explique les coulisses de ce succès.

PAR AUDE FABRE - NOVEMBRE 2023
Raymond Girardi, vice-président du Mouvement de défense des exploitants familiaux. DR

Pouvez-vous présenter le projet agrivoltaïque porté sur le territoire de votre collectivité ?

Il s’agit d’un projet agrivoltaïque de 1 300 ha réparti dans onze exploitations sur six communes du Lot-et-Garonne. À la base, il s’agissait d’un projet photovoltaïque, mais en 2020, nous avons basculé en agrivoltaïsme. Grâce au fort gain de productivité des panneaux solaires depuis une dizaine d’années, seuls 25 à 33 % de la surface ont été couverts par les panneaux. Des projets agricoles ont ainsi pu être développés sur le reste : petits fruits, asperges, plantes à parfum aromatiques et médicinales, légumes, lentille, pâturage ovin… Ces projets pluriactivités ont généré des installations, des agrandissements, des créations d’atelier… pour pérenniser les exploitations.

Quels ont été les facteurs clés qui ont favorisé son acceptation ?

Tout commence par là. Pour convaincre d’autres personnes, il faut déjà être convaincu soi-même de la nécessité de développer les énergies renouvelables. Aux gens qui peinent à se positionner, il faut poser la question : doit-on continuer à développer des énergies fossiles, émettre du carbone et accélérer le changement climatique ou pas ? Il faut être convaincu que l’avenir du vivant sur notre planète est intimement lié à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ensuite, nous avons organisé beaucoup d’échanges et de concertations entre nous, partenaires du projet, mais aussi avec les acteurs du territoire.

Concrètement, comment ces concertations se sont-elles traduites ?

Nous participions à plusieurs réunions entre acteurs du projet. Pour formaliser nos échanges, j’ai proposé qu’on retranscrive noir sur blanc tous nos engagements. Nous avons donc créé une charte qui rappelle la philosophie du projet et qui établit les droits et devoirs de chacun. Elle a été signée en 2021 par la communauté de communes, la chambre d’agriculture et les énergéticiens : Valeco, GLHD, Total Énergies renouvelables France, Reden Solar et Neoen. C’est notre feuille de route et on peut s’y référer en cas de besoin. Ce cadre rappelle par exemple les engagements des opérateurs à maintenir une activité agricole significative ou à réduire l’impact visuel de l’installation sur les paysages. Un comité de suivi de ces engagements, composé des signataires et de la direction départementale des territoires de Lot-et-Garonne, se réunit deux fois par an au minimum.

Nous avons aussi multiplié les échanges avec toutes les personnes qui pouvaient être impactées par le projet. En amont des concertations légales (liées au dépôt du permis de construire notamment), nous avons organisé des réunions pour expliquer notre projet auprès de chacun des partenaires : élus, citoyens, associations environnementales, associations de chasse, organisations syndicales agricoles, chambre d’agriculture et services de l’État. Nous n’avions rien à cacher, on a tout dit et expliqué, tout rendu public, répondu à toutes les questions. Cela a donné confiance. Nous avons aussi mené des réunions dans lesquelles les partenaires étaient tous réunis.

Et du côté des opérateurs ?

De leur côté, ils ont organisé des réunions publiques dans chaque commune concernée. Ils ont aussi fait du porte-à-porte pour rencontrer le voisinage de proximité des projets et discuter. Si c’est la communauté de communes qui a impulsé cette dynamique de communication, tout le monde y a mis de la bonne volonté. Il y a eu une multiplication de bonnes initiatives. Ainsi, quand les projets ont été présentés à la Commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF), tout le monde était déjà bien informé. Les services de l’État, les syndicats agricoles, les deux associations environnementales et les collectivités qui siègent en commission ont validé la totalité du projet.

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