Retour d'expérience

Agrivoltaïsme dynamique : Sun’Agri dévoile « des résultats prometteurs »

Les panneaux solaires installés au-dessus des pommiers et des vignes, et pilotés par Sun’Agri, ont permis de les protéger des aléas climatiques et de réduire leur besoin en eau. La qualité du raisin a également été améliorée.

PAR AUDE FABRE - AVRIL 2020
Les panneaux solaires, installés au-dessus des cultures, s’inclinent en fonction des besoins d’ensoleillement ou d’ombrage et sont pilotés par Sun’Agri. ©DR

Les données collectées en 2019 sur des vignes plantées sur le site expérimental de Piolenc (Vaucluse) montrent un maintien des rendements malgré la canicule et une amélioration de la qualité du raisin. Les plants sous le dispositif agrivoltaïque dynamique ont « mieux résisté que les autres aux fortes chaleurs de l’été », révèle Sun’Agri. Ils ont même continué de croître pendant la canicule. Les scientifiques ont aussi constaté une réduction des besoins en eau sur l’année allant de 12 à 34 %. Par ailleurs, les propriétés organoleptiques (profil aromatique du vin) paraissent particulièrement bonnes : + 13 % d’anthocyanes (pigments rouges) et entre 9 et 14 % d’acidité en plus.

Stress hydrique réduit de 63 % 

Pour les pommiers, sur le site de La Pugère (Bouches-du-Rhône), les résultats montrent que, pendant la canicule, le stress hydrique des arbres abrités par le dispositif agrivoltaïque dynamique était inférieur de 63 % par rapport aux autres arbres fruitiers. Les pommiers ont également bénéficié en journée de températures plus fraîches, avec des baisses allant de 2 à 4 °C. L’hiver et au début du printemps, les arbres ont aussi été protégés des effets du gel. « C’est la première fois que de tels résultats scientifiques sont publiés sur l’agrivoltaïsme, se réjouit Antoine Nogier, fondateur de Sun’Agri. Nous sommes fiers de prouver que cette technologie est une solution d’avenir très prometteuse pour l’arboriculture face au changement climatique. Elle permet également non seulement d’adapter la vigne face aux effets du changement climatique, mais aussi d’améliorer des qualités de la plante. »

Sur le marché en 2022

Concrètement, les panneaux solaires sont placés au-dessus des cultures agricoles pour les mettre à l’abri des aléas climatiques et réduire la consommation d’eau. Ils sont installés à une hauteur suffisante, environ 4,5 mètres, pour permettre le passage des engins agricoles, l’installation de filets para-insectes et de systèmes d’irrigation ou de palissage. Les panneaux solaires, au service de la plante, s’inclinent en fonction des besoins d’ensoleillement ou d’ombrage et sont pilotés par Sun’Agri. Si ces installations sont pour l’instant à l’état de démonstrateurs, « elles pourraient être commercialisées en 2022 auprès des agriculteurs, précise Perrine Fortin, responsable agronomique au sein de Sun’Agri. Sur un hectare, une centrale de 700 kW de puissance peut être installée. »

Comment sont collectées les données ?

Pour relever ces données et les comparer, de nombreux capteurs ont été installés sur les parcelles de vignes et d’arbres fruitiers sous dispositif agrivoltaïque et sur une zone témoin. Trois catégories d’outils coexistaient :

  • les capteurs microclimat, situés à différentes hauteurs de la plante, pour mesurer la température de l’air, l’humidité, le vent et le rayonnement ;
  • les capteurs PAR pour noter le rayonnement actif pour la photosynthèse ;
  • les capteurs plante pour observer le comportement du végétal (humidité, données dendrométriques) et la température de la feuille.

Outre ces données, Sun’Agri mène un suivi agronomique des plantes, en partenariat notamment avec l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement).