Décryptage

Bois-énergie : l’agroforesterie fait école

Fédérer des partenaires autour de la ressource en bois : tel était l’objectif du projet Casdar, porté par le lycée agricole du Subdray, dans le Cher. Défi relevé.

PAR AUDE FABRE - FéVRIER 2021
Entre 2016 et 2020, 6,5 km de haies et 3 km d’arbres sur une parcelle en agroforesterie, ont été plantés sur l’exploitation du lycée agricole du Subdray, près de Bourges. ©EPLEFPA de Bourges

Au Subdray, près de Bourges, au cœur de la Champagne berrichonne, le large plateau venteux, encore largement déboisé et au faible relief, fait la part belle aux grandes cultures céréalières. Pourtant, une réelle dynamique associant de nombreux partenaires locaux (voir l’encadré) s’est développée autour de l’arbre et de sa valorisation en plaquettes. « Un réseau autour du bois-énergie existait déjà dans le Cher, avec des agriculteurs associés au sein de la Société coopérative d’intérêt collectif Berry énergie bocage, pour assurer l’approvisionnement de chaufferies collectives, dont celle du lycée, ou pour le paillage animal », explique Christophe Auboueix, directeur de l’Établissement public local d’enseignement et de formation professionnelle agricole (EPLEFPA).  Le programme Casdar, pour Compte d’affectation spécial développement agricole et rural, du ministère de l’Agriculture, a permis de mobiliser encore davantage d’acteurs autour de l’agroforesterie et du bois-énergie pour redynamiser la filière. « Entre 2016 et 2020, nous avons planté 6,5 km de haies sur l’exploitation de l’EPLEFPA et 3 km d’arbres. Dix mètres séparent les arbres sur le même rang, et chaque ligne d’arbres est espacée de 48 mètres. Le tout sur une parcelle de 10 ha en agroforesterie, sur les 213 ha que compte l’exploitation agricole du lycée. Les haies sont composites, comprenant des essences dédiées au bois-énergie à croissance rapide, comme le noisetier, mais aussi des essences destinées au bois d’œuvre, ou encore favorables à la biodiversité. Le but est notamment de réduire l’impact du vent sur les cultures, de favoriser la biodiversité et ainsi de lutter contre les ravageurs, de capter le carbone dans le sol et d’améliorer sa fertilité tout en produisant des plaquettes de bois-énergie. » Un suivi des effets agronomiques sur les cultures et le sol est prévu à long terme. Une parcelle témoin, conduite selon le même itinéraire technique et située à côté de la parcelle en agroforesterie, permettra de comparer les rendements, la structure du sol et les analyses physico-chimiques et biologiques du sol notamment.

L’arbre comme outil pédagogique

Ce projet se voulait également pédagogique pour les étudiants. Objectif atteint puisqu’un nouveau module de formation en agroforesterie de 70 heures a vu le jour en brevet professionnel – responsable d’exploitation agricole. Par ailleurs, « l’exploitation du lycée est devenue une référence départementale donnant lieu à des visites d’agriculteurs, des formations en partenariat avec la chambre d’agriculture et l’Association d’agroforesterie Centre-Val de Loire, contribuant ainsi au développement en Champagne berrichonne de plusieurs projets d’agriculteurs autour de l’agroforesterie, se réjouit Christophe Auboueix. Ce projet aura également contribué à la mise en place d’un plan de gestion global des ressources en bois sur le territoire, existantes et à venir. »

Un projet ancré sur le territoire

Le projet développé dans le cadre du programme Casdar 2015, « Transition agroécologique des exploitations et ateliers technologiques de l’enseignement agricole » a été porté par l’EPLEFPA de Bourges, avec comme partenaires principaux : le Pays de Bourges, la Société coopérative d’intérêt collectif Berry énergies bocage, la Mission haies Auvergne, l’Inrae Centre-Val de Loire, la fédération des chasseurs du Cher, l’Office national des forêts, l’association d’agroforesterie de la région Centre-Val de Loire.