Le tour de la question

Comment l’Ademe accompagne la transition agricole

Soutien de la filière biogaz, aide aux projets agrivoltaïques, ou encore réduction des émissions carbone : l’Ademe mène différent projets afin d’accompagner la transition énergétique du secteur agricole.

PAR ARNAUD WYART - MAI 2020
L’Ademe soutient aussi les projets agrivoltaïques via les Programmes d’Investissements d’Avenir (PIA) ©Sun’Agri

S’il est responsable de 25 % des émissions de gaz à effet de serre et très énergivore, le secteur agricole est néanmoins en mesure, grâce à ses surfaces exploitables et ses ressources, de participer amplement à la transition énergétique française. Partant de ce constat, l’Ademe accompagne le développement de la filière biogaz et le lancement de projets agrivoltaïques. Elle apporte également un soutien aux agriculteurs afin de diminuer l’impact carbone de leur activité.

Soutien du bio gaz et de l’agrivoltaïsme

En matière d’énergies renouvelables, l’Ademe mise notamment sur la production de gaz vert. Dans son étude « Mix de gaz 100 % renouvelable en 2050 ? » (parue en 2018), l’agence a d’ailleurs établi plusieurs scénarios permettant à la la France d’atteindre l’autonomie d’ici 30 ans. Pour soutenir l’émergence de nouveaux projets dans le secteur agricole, elle apporte son expertise et aide financièrement les acteurs à travers des subventions. Cela est notamment le cas en Nouvelle-Aquitaine, région qui pourrait être la première autonome en gaz. Par ailleurs, l’agence participe au fonds d’investissement Eiffel Gaz Vert (200 millions d’euros de dotation à terme). Lancé en février dernier avec Eiffel Investment Group, la Banque des Territoires, GRTgaz et la Société Générale Assurances, celui-ci vise lui-aussi à accélérer le développement de la filière bio gaz en soutenant les porteurs de projets. Avantage : très souple, le fonds peut intervenir à toutes les étapes du processus, y compris pendant l’exploitation.
En outre, l’Ademe soutient les projets agrivoltaïques via les Programmes d’Investissements d’Avenir (PIA). Exemple avec les installations mises en oeuvre par l’INRA et la société Sun’R dans le sud de la France (notamment un premier démonstrateur inauguré fin 2018, sur un domaine viticole des Pyrénées-Orientales. Soit 8 000 panneaux pour une puissance de 2,2 mégawatts-crête.)

Réduction des émissions carbone

Les activités agricoles affichant un impact sanitaire et environnemental conséquent (en 2016, le secteur a contribué à 94 % des émissions d’ammoniac, 9 % des émissions de particules fines type PM2,5 et 14 % des émissions de carbone suie, source : Secten 2018), elles nécessitent d’être redéfinies pour que la France atteigne la neutralité carbone en 2050. Pour cela, l’Ademe publie des guides de bonnes pratiques à destination des différentes filières. L’un de ces guides liste ainsi les techniques les plus pertinentes pour améliorer la qualité de l’air (alimentation, bâtiment, stockage, traitement, épandage, pâturage, etc). Par ailleurs, l’agence développe des référentiels afin de favoriser le stockage du carbone dans les sols et la biomasse. Elle a ainsi accompagné la création du labels bas carbone en avril 2019, lequel permet de garantir la quantité de carbone économisée par un acteur (secteur agricole, logement, transports, etc) et de le valoriser auprès d’acteurs privés qui souhaitent compenser leurs émissions.
Enfin, et d’une manière plus générale, l’Ademe compte nouer un nouveau dialogue avec les agriculteurs afin de faciliter et d’optimiser la transition du secteur. Elle était d’ailleurs présente lors du salon de l’agriculture 2020. Une première en 10 ans.