Le tour de la question

Des panneaux photovoltaïques au service de la pisciculture

En 2011, l’installation agrivoltaïque de Mézos, dans les Landes, a été la première en France à être appliquée à la pisciculture. Un recul qui permet d’en tirer un bilan positif.

PAR AUDE FABRE - MAI 2023
Les ombrières permettent d’abaisser la température de l’eau des bassins de 1 à 2°C l’été. ©UNITe

Construites par le producteur d’électricité UNITe en 2011, des ombrières photovoltaïques protègent les 22 000 m² de bassins où sont élevées 500 à 1 000 tonnes de truites par an de la société Aqualande. « Ce premier projet d’une puissance de 4,2 MW crêtes est un exemple de co-usage pertinent où la priorité est laissée à la pisciculture, souligne Xavier Permingeat, directeur d’activité photovoltaïque du groupe UNITe. Les ombrières ont de nombreux avantages sur le bien-être des poissons, ce qui permet une hausse de la production. » Concrètement, les avantages sont multiples :
 • réduction de la température de l’eau des bassins de 1 à 2°C l’été. Le réchauffement de l’eau qui menace de s’accentuer avec les canicules de plus en plus observées l’été, est néfaste aux poissons d’élevage ;
 • protection contre les prédateurs aviaires, en complément des filets qui sont accrochés aux panneaux ;
 • réduction de l’apparition d’algues nuisibles ;
 • réduction des variations de lumière trop brusques qui nuisent au développement des truites.
L’installation améliore également le confort de travail des dix salariés. « Ils peuvent ainsi travailler à l’abri des intempéries l’hiver et à l’ombre l’été », souligne Valentin Deporte, directeur pôle élevage France du Groupe Aqualande.
Autre avantage : le revenu stable et régulier payé à Aqualande par UNITe (qui a investi 22 millions d’euros pour monter cette installation dont il est propriétaire). Enfin, la production électrique peut soit être injectée dans le réseau soit être auto-consommée sur le site afin de viser l’autonomie. « En 2022, pour abaisser la température des bassins l’été, nous avons eu recours à la recirculation artificielle de l’eau mais cela demande beaucoup d’énergie et la solution envisagée serait de devenir autonome », explique Valentin Deporte.

Trois ou quatre projets supplémentaires

En revanche, certains poissons sont plus adaptés que d’autres à la présence d’ombrières. « Si la production de truites et de saumons est favorisée, les esturgeons n’aiment pas les ombrières qui les pénalisent », a pu observer Xavier Permingeat. UNITe travaille sur « trois à quatre autres projets » en France dont la construction de celui qui est le plus abouti pourrait débuter en 2024. « Le nombre de sites d’aquaculture éligibles, vis-à-vis de la proximité avec le réseau, de la surface des bassins, des codes de l’urbanisme… est très faible, constate Xavier Permingeat. Par ailleurs, sur les sites qui pourraient être équipés de panneaux, nous sommes confrontés aux réticences du voisinage vis-à-vis de la nuisance visuelle. » En effet, afin de permettre l’exploitation des bassins, les panneaux doivent être installés à une hauteur de 4 m au point le plus bas et donc à environ 6,50 m au plus haut, « ce qui les rendent très visibles, même si nous proposons la plantation de haies… », relate le directeur d’activité photovoltaïque d’UNITe.

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