Colloque national éolien

Éolien et biodiversité

Tout ouvrage industriel a un impact sur son environnement, et donc sur la faune locale, et l’éolien ne fait pas exception à la règle. Le 10e colloque national éolien organisé par France énergie éolienne (FEE) au Parc floral, à Paris, les 16 et 17 octobre derniers, s’est penché sur la question le temps d’un atelier.

PAR DIANE LESCOT - OCTOBRE 2019
L’évaluation précise de la mortalité des chiroptères est délicate du fait des variétés des modes de comptage ©Ann Froschauer / USFWS. Pixnio

L’atelier en question a permis à quatre exploitants de parcs français de partager leurs retours d’expérience dans la mise en œuvre de dispositifs d’estimation et de réduction des impacts sur l’avifaune et les chiroptères. L’article 12 de la réglementation ICPE (arrêté du 26 août 2011) oblige en effet les opérateurs des installations éoliennes soumises à autorisation à mettre en place un suivi environnemental au moins une fois au cours des trois premières années de fonctionnement de l’installation, puis une fois tous les ans, ceci afin d’estimer la mortalité de la faune volante due à la présence des aérogénérateurs.

L’évaluation précise de la mortalité des chiroptères est délicate du fait des variétés des modes de comptage (par observation sur place au pied de l’éolienne, par caméra…) et des extrapolations qui doivent les compléter. Les exploitants RES et BayWa r.e. ont également montré que les leçons à tirer au vu des variables d’expérimentation sont loin d’être évidentes. Si l’on connaît bien les espèces à risque, on connaît moins les paramètres sur lesquels se fonder pour réduire la mortalité à coup sûr. Par exemple, une vitesse de bridage, qui sera efficace pour réduire les pertes sur certains parcs et certaines hauteurs d’éoliennes, ne fonctionnera pas ailleurs. L’activité des chiroptères sur l’année est concentrée à 90 % entre juillet et octobre, mais leur temps d’activité sur la journée dépend d’un nombre important de facteurs (température, pluviométrie, lumière, habitat…) qui ne sont pas assez maitrisés pour conduire à des phases de bridage ou d’arrêt assez courtes pour aboutir à des pertes financières acceptables pour l’exploitant. Il faut dire également que les données disponibles sont très disparates et obtenues selon des protocoles de collectes différents, ce qui rend les comparaisons complexes.

Kevin Barré, du laboratoire CESCO, a présenté un projet de recherche démarré par FEE et le Muséum national d’histoire naturelle qui vise à produire, dans ses premières phases, un guide de standardisation pour les données existantes et le recueil de données. Si ce travail peut être fait relativement rapidement, son application pour les futures recherches et les conclusions de celles-ci ne seront pas connues avant quelques années étant donné les cycles d’activité des populations de chiroptères.