Décryptage

Europe : des mesures pour accélérer les renouvelables

D’ici à 2030, le secteur agricole français devra réduire de 18 % ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2019. Pour y parvenir, l’Union européenne vise notamment 42,5 % au moins d’énergie renouvelable dans la consommation totale d’énergie.

PAR AUDE FABRE - JUIN 2023
La méthanisation fait partie des leviers pour faire évoluer les systèmes agricoles.©Aude Fabre

Le 22 mai 2023, la Première ministre, Élisabeth Borne, a présenté devant le Conseil national de transition écologique son plan pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 55 % d’ici à 2030 par rapport à 1990, conformément à l’objectif européen du programme Fit-for-55. Si la France a déjà baissé ses émissions de 20 % entre 1990 et 2019, « pour atteindre nos objectifs en 2030, nous devons doubler le rythme de baisse », a-t-elle précisé.

En 2021, Matignon annonce que les transports ont produit 30 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre, l’industrie 19 %, l’agriculture 19 % également (39 millions de tonnes-équivalent CO₂ pour l’élevage, 31 Mt pour les cultures et 11 Mt pour les engins et les chaudières), les bâtiments 18 %, l’énergie 10 % et les déchets 3 %. Le secteur agricole devra réduire de 18 % ses émissions par rapport à 2019*. Ce plan sera détaillé dans les prochains mois, après concertation avec chaque secteur.

42,5 % de renouvelables en 2030

Si ce plan détermine une feuille de route avec des objectifs précis, la nouvelle directive sur les énergies renouvelables, dite RED III, définit les moyens pour les atteindre. Le Parlement européen et le Conseil européen sont parvenus à un accord provisoire le 30 mars 2023 : les pays de l’UE doivent viser 42,5 % au moins (45 % sur une base volontaire) d’énergie renouvelable en 2030. Pour rappel, l’objectif atteignait 32 % de la consommation finale d’énergie dans la version précédente de la directive.

Pour chaque pays, la contribution nationale sera estimée selon le PIB, une contribution forfaitaire, le potentiel de développement des énergies renouvelables sur son territoire et le niveau d’interconnexion avec ses pays voisins. Cette contribution pourrait par ailleurs être pondérée selon la part du nucléaire dans le mix électrique du pays. « Il est encore trop tôt pour connaître les impacts précis, sur le terrain, de cette directive dont un accord provisoire n’a été trouvé que fin mars, estime Jérémy Simon, délégué général adjoint du Syndicat des énergies renouvelables. Néanmoins, le développement des renouvelables, qu’il s’agisse de la méthanisation, du photovoltaïque ou des biocarburants qui participent à la décarbonation du secteur agricole, devrait être favorisé. »

* -5 MtCO₂ pour l’élevage, -6 Mt d’émissions liées à l’azote, -4 Mt pour les prairies notamment.

Un doublement de l’objectif pour le biogaz

Lors de la séance des questions au gouvernement du 23 mai 2023, le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a été interpellé au sujet du biométhane. Il a alors indiqué qu’il était favorable à un doublement de l’objectif de production de gaz renouvelables (actuellement de 10 %) d’ici à 2030 dans le cadre de la révision de la loi de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

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