Entretien

Le 1er territoire « bas carbone » du Grand-Est se prépare

Terrasolis a signé un partenariat avec Liger Bio Concept pour développer son Centre d’excellence en énergies renouvelables (CEER) où de l’énergie sera produite à partir de biomasse et de coproduits agricoles. Explications avec Sandrine Dunand, chef de projet biomasse et transition énergétique et coordinatrice du CEER.

PAR ESTELLE BOUTHELOUP - AVRIL 2020
Sandrine Dunand, chef de projet biomasse et transition énergétique et coordinatrice du CEER ©Terrasolis

Qu’est-ce que Terrasolis ?
C’est le pôle d’innovation de la ressource agricole “bas carbone” du Grand-Est. Son ambition : créer un écosystème dynamique pour une agriculture productive en carbone issu de la biomasse et faiblement émettrice de GES [gaz à effet de serre, ndlr], au service des acteurs et des territoires du Grand-Est. Pour cela, Terrasolis s’est dotée d’une plateforme physique sur l’ex-BA112 [base aérienne au nord de Reims fermée en 2011, ndlr], constituée d’une ferme, d’un centre d’excellence en énergies renouvelables (CEER) et d’un parc d’affaires, fonctionnant en économie circulaire.

Dans quel contexte est né le partenariat avec Liger Bio Concept (LBC) ?
Nous souhaitons montrer, au travers du projet de CEER et de son projet agricole connexe, que l’agriculture, au-delà d’une réponse au besoin nourricier, est également un apport de solutions pour la transition énergétique. Pour cela, nous devons entrecroiser les compétences des énergéticiens avec notre ambition.

Comment le projet se traduit-il sur le terrain pour les exploitants agricoles ?
Via trois objectifs. L’autonomie des exploitations : la ferme produit les intrants du méthaniseur, et en retour, ce dernier fournira les engrais, sous forme de digestat, et le bioGNV carburant pour alimenter les tracteurs. Deuxième objectif : la diversification des exploitations pour la sécurisation du revenu des agriculteurs, avec des systèmes de rotation rallongés et le travail sur les pratiques culturales pour ne pas concurrencer la filière alimentaire. Enfin, le projet traite de la mobilité verte avec une valorisation du biométhane sous forme de bioGNV, participant ainsi à une nouvelle dynamique ville-campagne.

Où en est le projet aujourd’hui ?
À ce jour, dix exploitations agricoles voisines de notre site, dont celle de Terrasolis, sont parties prenantes dans la mise en place du méthaniseur d’une capacité de production de 250 Nm3 de biométhane, qui constitue la première brique du projet. Le contrat de fourniture d’énergie a été signé avec Save fin 2019. Accompagnés de LBC, nous affinons la faisabilité de cette brique pour une mise en exploitation en 2023 et nous travaillons à associer les parties prenantes locales pour en assurer l’acceptabilité.

Quel est l’enjeu du partenariat avec LBC ?
Ce partenariat va permettre à Terrasolis d’accélérer fortement le développement de son CEER, d’accroître sa capacité à accompagner le développement d’une filière bioGNV carburant performante en Grand-Est et consolider l’atteinte des objectifs fixés.

Quelle est sa force ?
À Locminé, en Bretagne, la SEM Liger a développé un site similaire fonctionnant en économie circulaire. Nous avons souhaité nous en inspirer. L’accompagnement de LBC, de par leurs compétences et expertises, est un levier pour la réussite du CEER.