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Le plus grand méthaniseur sans épandage d’Europe entre en production

La Cooperl, groupe coopératif basé à Lamballe, dans les Côtes-d’Armor, lance la production de son méthaniseur Émeraude bio-énergie.

PAR AUDE FABRE - OCTOBRE 2019
Le méthaniseur Émeraude bio-énergie du groupe coopératif basé à Lamballe, la Cooperl ©Cooperl

Fin octobre-début novembre, l’activité va démarrer pour une production de biogaz effective d’ici la fin de l’année. La capacité réservée sur le réseau GRDF est de 79 millions kWh/an, l’équivalent des besoins de 3 100 logements de 100 m². « Notre capacité de production est de 600 Nm³/h, avec des pointes à 800 Nm³/h de CH4 », précise Alexandra Bily de la Cooperl. Pour produire cette énergie, le méthaniseur est alimenté notamment par 38.000 tonnes/an de déjections solides des porcs d’une centaine d’élevages, et par 72 000 tonnes/an issues du prétraitement des eaux de lavage de l’abattoir.

7 000 hectares d’épandage économisés
Trois années de recherche et de développement auront été nécessaires pour construire cette unité de méthanisation qui n’engendrera aucun épandage direct de digestat : un enjeu primordial dans cette zone de forte densité d’élevages. Explications d’Alexandra Bily : « En sortie du méthaniseur, nous produisons du digestat brut, comme toutes les autres unités, mais ce qui différencie Émeraude bio-énergie, c’est sa filière de traitement de ce digestat. » En sortie de digesteur, le digestat brut est centrifugé afin d’obtenir un digestat solide et un digestat liquide. Le digestat liquide est envoyé sur un évapoconcentrateur : il en ressort des buées chargées en ammoniac et un concentré qui sera ensuite séché avec le digestat solide. Les buées chargées en ammoniac sont condensées et arrivent dans une colonne de stripping. « Dans cette colonne, continue Alexandra Bily, l’ammoniac est volatilisé. L’eau qui sort de cette colonne est donc propre et hygiénisée. L’ammoniac volatilisé est dirigé vers une colonne de lavage, c’est ainsi qu’est formé le sulfate d’ammonium. »
Le digestat solide et le concentrat d’évapoconcentration sont séchés dans des sécheurs thermiques, puis valorisés sous forme d’engrais via leur filière Fertival. « Comme les condensats d’évapoconcentration, les condensats de sécheurs sont dirigés vers une colonne de stripping, ils sont ensuite recyclés pour la préparation des entrants en méthanisation », détaille-t-elle. Dix-sept millions d’euros, dont 2,2 de subventions de l’Ademe et de l’Agence de l’eau, ont été investis pour ce projet.