Stratégie

Les Hauts-de-France accompagnent les agriculteurs vers le solaire

La chambre régionale d’agriculture et la Région Hauts-de-France ont signé une convention pour la transition énergétique des agriculteurs. Objectif, les conseiller dans l’installation de centrales photovoltaïques, agrivoltaïques ou solaires thermiques.

PAR CAROLE RAP - JANVIER 2024
Rallye solaire dans le Pas-de-Calais. ©Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais

Depuis plusieurs années, les chambres d’agriculture des Hauts-de-France accompagnaient les agriculteurs dans l’installation de panneaux photovoltaïques en toiture. En mai 2023, la chambre régionale a signé une « convention régionale solaire agricole » avec la Région Hauts-de-France pour étoffer cette activité. « Cela donne plus de visibilité à notre action et permet de développer de nouvelles filières comme l’agrivoltaïsme et le solaire thermique », explique Arnauld Étienne, responsable d’équipe Énergies à la chambre d’agriculture Nord-Pas de Calais et coordinateur régional de cette convention. La convention ne propose pas d’aide financière directe, mais des conseils techniques de qualité.

Définir le projet

L’accompagnement par la chambre d’agriculture se décline en plusieurs étapes. Une première visite, dite « d’émergence », sert à évaluer les besoins de l’agriculteur afin de définir la solution la plus adaptée. Gratuite pour ce dernier, elle est financée par la Région dans le cadre de la convention. « C’est le premier contact avec l’agriculteur pour identifier ses souhaits, mesurer l’adéquation entre la production solaire potentielle et les besoins énergétiques de l’exploitation et définir la stratégie la plus appropriée : vente totale, autoconsommation, combinaison des deux, solaire thermique, agrivoltaïsme ? Il faut compter environ une demi-journée, le temps de visiter le site, de discuter avec l’agriculteur et de comprendre les évolutions de l’exploitation – par exemple, un futur bâtiment est-il envisagé ? », raconte Arnauld Étienne.

Le ou la conseillère transmet ensuite un rapport à l’exploitant. « S’il donne suite, nous passons alors en mode “prestation”. Nous commençons par une étude technico-économique pour l’agriculteur. Cela demande entre une demi-journée et deux jours de travail, pour un tarif de 300 à 1 200 € HT. Nous pouvons aussi le mettre en relation avec des installateurs photovoltaïques, en fonction de la nature du projet et de sa localisation géographique », précise le responsable d’équipe énergies.

Vente totale ou autoconsommation ?

Concernant le photovoltaïque, la chambre d’agriculture a longtemps recommandé aux agriculteurs le modèle de la vente totale de l’électricité produite. « L’évolution du tarif en 2021 a apporté d’autres perspectives, avec un tarif intéressant pour faire de l’autoconsommation. Beaucoup réfléchissent à autoproduire et autoconsommer une partie de l’énergie de l’exploitation, en injectant le surplus sur le réseau », explique Arnauld Étienne.

En attente du décret sur l’agrivoltaïsme, la chambre d’agriculture compte collaborer avec les installateurs ou les développeurs de projets, pour étudier les impacts d’installations solaires sur certaines cultures régionales. À l’instar des fruits rouges, de l’arboriculture et des vignes, notamment en Champagne. « Les panneaux pourraient avoir un effet de protection en cas de phénomènes de grêle, de gelées tardives mais aussi de canicules et de températures très élevées qui peuvent endommager les grains de raisin. Parfois un degré peut faire la différence, mais tout cela reste à étudier », reconnaît Arnauld Étienne. Des ombrières photovoltaïques sur les parcours d’animaux comme les volailles, les moutons et les bovins, sont aussi à expérimenter.

La convention couvre aussi le solaire thermique, encore assez peu développé en agriculture. Dans la région, seules quelques réalisations sont en fonctionnement, dans l’élevage de veaux par exemple. L’eau chauffée par l’installation solaire peut également servir au lavage des robots de traite. « Nous voulons avoir une vision plus claire des installateurs et identifier pour quel type de production agricole cette technologie serait pertinente. L’objectif est de mettre en place un suivi technique et économique avec eux pour voir comment fonctionnent ces installations, si elles produisent régulièrement, quels sont les résultats en hiver, etc. », indique Arnauld Étienne. La chaleur solaire sera-t-elle une nouvelle solution à terme pour l’agriculture ?

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