Décryptage

Méga centrale solaire thermique pour Lactalis

Le premier groupe laitier mondial a signé avec Newheat un contrat de fourniture pour l’énergie produite par une centrale solaire thermique de 15 000 m², la plus grande d’Europe alimentant en chaleur un site industriel.

PAR AUDE FABRE - MARS 2021
Ce projet, situé à Fromeréville-les-Vallons près de Verdun (Meuse), fournira au premier semestre 2022 de la chaleur solaire à la nouvelle tour de séchage de lactosérum. ©Lactalis

Cela fait trois ans que le géant mondial des produits laitiers et le fournisseur de chaleur renouvelable et solaire Newheat travaillaient ensemble sur ce projet. Le 2 février 2021, ils ont annoncé la signature d’un contrat de fourniture de chaleur solaire entre le site industriel Lacto Serum France, usine de la division Lactalis Ingrédients appartenant au groupe Lactalis, et la société Lactosol, filiale du groupe Newheat. « D’une surface de près de 15 000 m² pour une puissance maximale d’environ 13 MW, il s’agira de la plus grande centrale solaire thermique française et de la plus grande d’Europe alimentant en chaleur un site industriel », précisent les signataires. Ce projet, situé à Fromeréville-les-Vallons près de Verdun (Meuse) fournira au premier semestre 2022 de la chaleur solaire à la nouvelle tour de séchage de lactosérum. Il permettra de réduire de 11 % la consommation de gaz à l’échelle de l’usine et ainsi de réduire de 2 000 tonnes par an les émissions de CO₂.

5,5 millions d’euros

Ce projet représente un investissement de plus de 5,5 millions d’euros, financé par des fonds propres de Newheat et par des aides publiques. Il a été soutenu par l’Ademe dans le cadre de l’appel à projets “Grandes installations solaires thermiques” du Fonds chaleur. Il a également reçu le soutien du groupement d’intérêt public Objectif Meuse et de la Région Grand-Est via son programme Climaxion, piloté en partenariat avec l’Ademe, en faveur de la transition énergétique. Ce projet bénéficie enfin du soutien de la Communauté d’agglomération du Grand-Verdun. « Notre modèle est de porter 100 % de l’investissement du projet, et de vendre la chaleur produite “au compteur” à l’industriel, explique Newheat. La chaleur vendue à l’industriel est compétitive, et donc rentable dès la première année. L’industriel s’engage à nous acheter la chaleur renouvelable avec un contrat de vingt-cinq ans», précise Newheat, pour qui il s’agit d’un investissement de long terme dont le temps de retour est supérieur à dix ans. Pour développer cette solution auprès des industriels, Newheat vante cette compétitivité dès la première année, mais les rassure aussi sur la solution technique : « La chaudière fossile du client n’est pas remplacée, la centrale solaire thermique vient juste en diminuer la consommation. Nos solutions, en décarbonant massivement leur production, permettent aux industriels de réduire fortement le risque lié à l’évolution du prix des énergies fossiles et au tarif du carbone qu’ils seront amenés à payer dans les prochaines années », estime Newheat.

Besoin de foncier

Petit inconvénient : l’installation de centrales nécessite de trouver du foncier à proximité du site (jusqu’à 1 km maximum environ). « Toutefois, il est important de noter que nos solutions sont cinq fois plus efficaces énergétiquement que le solaire photovoltaïque et quarante fois plus qu’une plantation bois-énergie utilisée pour alimenter une chaudière biomasse. De plus, par essence, nos clients sont installés dans des zones industrielles. Les enjeux de préservation des espaces naturels, forestiers ou agricoles sont ainsi très faibles dans nos dossiers », signale Newheat.

 

Les autres projets de Newheat

Un premier site a été mis en service à Condat, en Dordogne, en 2019, sur une papeterie (centrale solaire thermique sur trackers avec 4 211 m² de capteurs pouvant fournir environ 3 900 MWh/an). Au printemps 2021, trois autres sites seront mis en service : deux centrales solaires thermiques sur les réseaux de chaleur de Narbonne dans l’Aude, et de Pons, en Charente-Maritime, et une autre, avec un partenaire investisseur, qui alimentera une malterie du groupe Boortmalt à Issoudun, dans l’Indre. « La centrale Lactalis sera le troisième site industriel, et notre cinquième au global », précise Newheat.