Le tour de la question

MéthyCentre : la preuve par trois gaz décarbonés

Booster la production de gaz renouvelable d’une unité de méthanisation agricole en la couplant à un système power-to-gas, tel est l’objet du démonstrateur MéthyCentre, dont la construction se termine à Angé (Loir-et-Cher). Porté par Storengy, le projet a 2 ans pour faire ses preuves, technologiquement autant qu’économiquement.

PAR ANNE-SOPHIE PERRAUDIN - FéVRIER 2023
La récente unité de production d’hydrogène vert de MéthyCentre.©Storengy

La mise en service de l’unité de production d’hydrogène vert de MéthyCentre fin janvier est un acte fondateur. C’est la première des trois étapes de développement de ce projet expérimental porté par Storengy sur la commune d’Angé, dans le Loir-et-Cher.

Destinée à être alimentée par le surplus de production d’électricité verte locale, cette chaîne hydrogène comprend un électrolyseur PEM (Proton Exchange Membrane, idéal pour une alimentation intermittente) de 250 kW, un réservoir de stockage d’hydrogène d’une capacité de 100 kg et une borne de distribution d’hydrogène à laquelle pourront venir s’approvisionner quelques véhicules. Mais là n’est pas le cœur du projet. 10 % de l’hydrogène produit seulement servira cet usage de mobilité, les 90 % restants étant destinés à fabriquer du gaz de synthèse.

Du power-to-gas au power-to-methane

Moins connu que le biométhane mais possédant des caractéristiques équivalentes, le gaz de synthèse peut être produit à partir d’hydrogène d’une part, et de CO2 d’autre part. Pour ce qui est du premier, on l’a vu, l’électrolyseur est d’ores et déjà à l’œuvre. Pour le second, il proviendra de l’activité d’une unité de méthanisation – et c’est tout l’intérêt du projet. Ainsi, on a choisi le site d’implantation, en concertation avec les habitants et les acteurs locaux, pour sa proximité avec un élevage porcin partenaire.

L’exploitant, qui a vendu à Storengy le terrain sur lequel s’implante MéthyCentre, alimentera en lisier, fumier et Cive (culture intermédiaire à vocation énergétique) l’unité de méthanisation qui, en produisant du biométhane, rejettera le CO2 valorisé par le projet. Actuellement en construction, l’unité de méthanisation démarrera mi-février. Il ne restera plus alors qu’à installer l’unité de méthanation qui transformera hydrogène et CO2 en gaz de synthèse (en avril selon les prévisions). Dès lors, le mélange de biométhane et de gaz de synthèse produit sur le site sera injecté dans le réseau de distribution de gaz.

Un gaz de synthèse plus compétitif

« Avec un tel système, on peut espérer augmenter de 70 % la production de gaz renouvelable d’une unité de méthanisation », observe Diane Defrenne, directrice de projet power-to-gas chez Storengy. En outre, « c’est un bon moyen de stocker l’énergie, ce qui constitue un enjeu majeur dans l’adoption d’un mix renouvelable », note-t-elle. Reste à prouver la faisabilité technologique du dispositif, via des tests de performance des différentes briques à différents régimes, et la pertinence économique du modèle, dont l’objectif est d’augmenter la compétitivité du coûteux gaz de synthèse.

Autre enjeu : faire évoluer le cadre réglementaire, actuellement inexistant, notamment en matière de tarif de rachat. L’expérience durera deux ans (reconductibles). Si elle est concluante, on pourrait facilement déployer le modèle, pour peu qu’il soit économiquement compétitif. « Nous y croyons ! », s’enthousiasme Diane Defrenne, en anticipant une baisse des coûts (des technologies, de l’intégration, de l’électricité renouvelable locale, de l’hydrogène…) dans la décennie à venir. Et elle insiste sur l’intérêt qu’a le pays à encourager les projets aptes à renforcer sa souveraineté énergétique.

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