Entretien

Près de Lyon, bientôt un projet agrivoltaïque porté par la CNR

Héléna Wagret, cheffe de projet agrivoltaïsme à la Compagnie nationale du Rhône (CNR), nous explique en quoi consiste le futur projet agrivoltaïque près de Lyon.

PAR CLAIRE BAUDIFFIER - FéVRIER 2020
Héléna Wagret, cheffe de projet agrivoltaïsme à la Compagnie nationale du Rhône (CNR) ©Quentin Pechoux

Comment est né ce projet agrivoltaïque ?
Il est né de réflexions internes au sein de la CNR. L’État a confié à la CNR la concession du Rhône autour de trois missions solidaires : la production de l’hydroélectricité, le développement de la navigation, l’appui à l’irrigation et aux usages agricoles. Nous travaillons donc avec les acteurs du monde agricole sur divers projets autour de la ressource en eau et nous souhaitons accompagner cette filière naissante qu’est l’agrivoltaïsme.

En quoi consiste-t-il ?
Situé sur un site au sein de l’Établissement public local d’enseignement agricole de Lyon-Dardilly-Écully, ce projet de 6.000 m² consistera à piloter un système agrivoltaïque..constitué de panneaux solaires photovoltaïques mobiles.–, en fonction des besoins agronomiques des cultures (les types de culture ne sont pas communiquées pour le moment, NDLR) qui seront plantées en dessous, en plein champ et en pépinière. La moitié de l’espace sera recouvert par les panneaux, l’autre non. Cette dernière constituera une zone témoin, et nous pourrons ainsi comparer les résultats et évaluer l’impact des structures photovoltaïques sur la plante. Le projet sortira de terre en 2021 et l’expérimentation durera trois ans. L’idée est qu’au bout de ce délai, les exploitations – agricoles et électriques – soient autonomes.

Quel est l’objectif ?
L’objectif est de diminuer les besoins en eau des plantes. Les panneaux sont un outil agricole à leur service : ils doivent les protéger des divers aléas climatiques et augmenter leur productivité. Dans une région où les périodes de sécheresse sont de plus en plus longues et où nous faisons désormais face à des canicules plus régulièrement, il est indispensable de trouver des solutions pour que les cultures s’adaptent. Ce site se veut comme un démonstrateur, qui pourrait être ensuite dupliqué.

Quelle sera la capacité de production des panneaux ?
La puissance installée atteindra 150 kWc. L’électricité sera a priori utilisée en partie en autoconsommation par le lycée et le surplus injecté sur le réseau.

Pourquoi avoir choisi cet établissement en particulier ?
Cet établissement souhaitait également développer un projet innovant, pouvant être pleinement utilisé au quotidien dans la formation des élèves. C’est pourquoi les cultures seront choisies au sein de la filière horticole, spécialité de l’établissement. Le projet va par ailleurs permettre la création d’un emploi sur les trois premières années.

Quel est le montant des investissements ?
Au total, le projet coûte un peu plus d’un million d’euros. Il bénéficie d’une subvention de la Région Auvergne-Rhône-Alpes à hauteur de 40 %, soit 400 000 euros.

Quelles sont les étapes restantes de cette année 2020 ?
Imaginé depuis le début avec l’établissement agricole, ce projet prévoit d’impliquer plusieurs autres partenaires pour apporter les compétences agronomiques dont nous avons besoin. La prochaine étape est donc de finaliser ces partenariats et de contractualiser avec eux. Ensuite, nous réaliserons les démarches d’urbanisme, en vue de commencer les travaux cet été et de planter les cultures en mars 2021.