Stratégie

Quinze associés pour une unité de méthanisation

La première unité de méthanisation en injection sur le réseau GRDF des Deux-Sèvres est en service depuis l’automne 2019 à Celles-sur-Belle. Quatorze exploitations et coopératives se sont associées à Technique Biogaz pour monter ce projet.

PAR AUDE FABRE - FéVRIER 2020
La première injection, d’un débit de 100 m³/h, dans le réseau exploité par GRDF a eu lieu le 25 septembre 2019 ©Technique Biogaz

En 2015, la région Poitou-Charentes (aujourd’hui Nouvelle-Aquitaine) lance un appel à projets pour développer les unités de méthanisation sur son territoire. Technique Biogaz, producteur français de gaz renouvelable, répond présent et devient lauréat. Il ne manque plus qu’à trouver des partenaires du monde agricole pour transformer l’essai. «.Nous sommes allés à la rencontre des agriculteurs, des coopératives et des élus locaux pour expliquer notre projet », se souvient Yacine Redifi, cogérant de Technique Biogaz. Deux coopératives (Sèvre et belle, et la Coopérative laitière de la Sèvre) ainsi que douze agriculteurs ont été convaincus de participer au projet, dont la moitié a également investi financièrement. Le Crédit Agricole Touraine-Poitou, l’Ademe, la région Nouvelle-Aquitaine via le Fonds européen de développement régional (Feder) et l’Agence de l’eau Adour-Garonne ont aussi soutenu le projet, pour un coût total de 6 millions d’euros. En 2018, les travaux ont été lancés sur la commune de Celles-sur-Belle, dans les Deux-Sèvres, pour une première injection – d’un débit de 100 m³/h –, dans le réseau de la collectivité exploité par GRDF, le 25 septembre 2019.

La consommation de 1 000 foyers

Dix-huit mille tonnes/an d’effluents d’élevage (fumiers bovin, caprin et équin, et lisiers porcin et bovin) et 3.000.t/an de lactosérum et de résidus de céréales, issus du triage et des silos, alimentent le méthaniseur. Le digestat, traité par séparation de phase, est épandu par les agriculteurs sur 1 860 ha. La SAS Celles-sur-Belle Biogaz permet ainsi de « produire la consommation énergétique moyenne de 1 000 foyers, et d’éviter ainsi 3.100 tonnes équivalent CO₂ », précise Yacine Redifi. Pour les agriculteurs, les bénéfices sont sans appel : valorisation des effluents et gestion des odeurs, économie d’engrais minéral et diversification des revenus. Le maire de Celles-sur-Belle, Jean-Marie Roy, est également « ravi de voir la mise en service de ce premier site en injection dans le réseau de gaz naturel exploité par GRDF des Deux-Sèvres ». L’édile se dit également convaincu des retombées en faveur du « développement économique et agricole local, et que ce site permettra d’apporter des solutions pérennes de traitement aux industries agro-alimentaires ».

L’énergie solaire au service du biogaz
Une centrale photovoltaïque en autoconsommation, installée sur les 1 100 m² du toit du bâtiment de stockage de digestat, a également été mise en service le 2 décembre 2019. « Avec une production de 200 kWh, elle permettra de couvrir une partie de la consommation électrique de l’unité », se réjouit Yacine Redifi, cogérant de Technique Biogaz.