Retour d'expérience

Succès pour la station GNV intercommunale du Pays d’Apt-Lubéron

Première du genre dans le Vaucluse, la station GNV du Pays d’Apt-Lubéron rencontre un franc succès auprès des élus locaux. Une montée en puissance est même prévue pour répondre à l’augmentation des besoins.

PAR ARNAUD WYART - JUILLET 2020
La station GNV est implantée au Parc d’Activités économiques de Perréal labellisé Ecoparc Vaucluse ©CCPAL

Le projet de station d’avitaillement au gaz naturel pour véhicules (GNV) du Pays d’Apt-Lubéron a été initié en 2016 par Frédéric Sacco, vice-président de la communauté de communes Pays d’Apt-Lubéron, en charge du développement durable. Partenaire privilégié du projet, GRDF a accompagné l’ensemble du processus d’ingénierie et la réalisation de la station. Inaugurée fin 2018 et réservée aux communes de l’intercommunalité, celle-ci affiche une capacité de 45 Nm3/h et a vu son unité de stockage doublée en 2019 (soit 32 bouteilles de 80 L). Il faut dire qu’avec l’approvisionnement de 16 véhicules, la station GNV remplissait déjà les objectifs fixés initialement pour 2021. 

Des économies à la clé

Un développement rapide et dans lequel le Sirtom (syndicat gérant la collecte et le traitement des déchets ménagers sur le territoire) a joué un rôle déterminant en signant dès le départ une convention d’utilisation avec l’intercommunalité et en faisant l’acquisition de deux bennes à ordures ménagères GNV. « Ces véhicules sont particulièrement lourds et consommateurs de carburant. Avec uniquement des véhicules de petite capacité, le projet aurait nécessité beaucoup trop de temps pour être rentable financièrement. Le Sirtom a accéléré le processus et considérablement augmenté nos chances de succès. Cela nous a également aidés à obtenir des subventions à hauteur de 80 % – le maximum autorisé – auprès de l’État, de la région PACA et de l’Ademe [pour un coût total de 228 000 € HT, ndlr] », explique Frédéric Sacco. L’engouement des élus locaux, lui, repose sur la confiance, mais également sur un réel intérêt économique. Le GNV de la station est en effet proposé à prix comptant, soit moins d’1 euro le litre. « Les élus ont parfaitement saisi les aspects vertueux d’un point de vue environnemental. Par ailleurs, nous nous sommes rendu compte qu’une commune pouvait réaliser d’importantes économies en passant au GNV. Ce dernier est bien moins cher que le diesel, ce qui compense le surcoût des véhicules. » L’an dernier, le Sirtom a ainsi réalisé une économie globale de 15 000 euros sur le poste carburant en utilisant deux camions GNV.

Un projet d’extension à l’étude

Avec l’augmentation anticipée de la flotte de véhicules, Frédéric Sacco envisage désormais une extension de la station. Une opération indispensable, en particulier vis-à-vis du Sirtom. « Les bennes à ordure ne consomment que du gaz, contrairement aux modèles hybrides et le syndicat a prévu de s’équiper d’un camion GNV tous les ans, jusqu’en 2026. L’intercommunalité a quant à elle commandé 5 nouveaux utilitaires. D’ici la fin de l’année, notre flotte comptera 22 véhicules », précise-t-il. Afin de répondre aux besoins, le projet d’extension prévoit l’installation d’un nouveau compresseur, en ajout ou en remplacement du modèle actuel. La capacité de celui-ci pourrait ainsi monter à 80 ou 200 Nm3/h en fonction de l’évolution de la flotte ; un bureau d’étude se charge d’établir des prévisions pour les cinq ans à venir. En outre, une deuxième borne de distribution devrait voir le jour, à proximité de la première, dans le but de maintenir la fluidité des ravitaillements. Désormais rodée en termes de R&D et de gestion, l’équipe de Frédéric Sacco espère commencer les travaux d’extension avant le début de l’année prochaine.