Engager sa transition

AP Composites : une volontaire territoriale réoriente l’entreprise

Avec l’aide d’une jeune diplômée, en volontariat territorial en entreprise vert, AP Composites a réalisé des analyses de cycle de vie qui ont débouché sur un nouveau métier pour la PME, la réutilisation de pales d’éoliennes.

PAR CAROLE RAP - JUILLET 2025

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Abri à vélos réalisé par AP Composites à partir d’une ancienne pale d’éolienne. ©AP Composites

Chez AP Composites, le recrutement d’une jeune apprentie en management de projet a transformé la finalité de l’entreprise. L’activité principale de la PME iséroise était jusqu’à présent de fabriquer des pièces en matériaux composites (polyester) en série, pour des marchés variés (télécommunications, ferroviaire, eau, environnement, etc.). Grâce à Kathleen Bauters, dont le contrat en alternance a bénéficié de l’aide volontariat territorial en entreprise vert (VTE Vert) de l’Ademe, l’entreprise a pu réaliser des analyses de cycle de vie (ACV) poussées. « Le plus gros des impacts de notre activité vient de la résine, un produit pétrosourcé dont l’extraction des différents composants contribue au réchauffement climatique, à l’acidification des sols et des eaux et à l’eutrophisation… L’enjeu principal est alors devenu d’extraire moins de matière vierge. De simple sous-traitant, nous sommes passés au statut de fabricant. Nous avons lancé la marque Rainbeau, du mobilier urbain qui stocke l’eau de pluie pour la restituer aux végétaux par capillarité et porosité. Nous avons également créé le concept Néolien, qui consiste à réutiliser des pales d’éoliennes pour les transformer, par exemple en abris de vélos ou en bancs », raconte Julien Kressmann, dirigeant et propriétaire de cette PME de 25 ans, qu’il a rachetée en 2018.

Adapter l’activité

Avec Rainbeau, AP Composites utilise encore de la résine, mais en partie biosourcée et pour des produits plus vertueux : récupération d’eau de pluie et végétalisation en zone urbaine. Elle s’engage aussi à les réparer ou à leur donner une seconde vie. Avec Néolien, nul besoin de transformer de la résine. Les pales d’éoliennes sont découpées et recollées, sans fonte de matière. « Le projet Rainbeau était déjà en gestation. L’aide du VTE vert nous a permis d’adapter les procédés de fabrication. En revanche, Néolien est directement le fruit des études ACV menées par Kathleen, qui sont venues alimenter ma vision d’une entreprise régénératrice plutôt qu’extractiviste », analyse le chef d’entreprise. Si la jeune femme a finalement quitté AP Composites au bout de quatre ans, elle y a laissé sa marque. Verte, assurément.

Un coup de pouce pour engager sa transition

Financé par l’Ademe, le dispositif du volontariat territorial en entreprise vert est opéré par Bpifrance. Une aide de 8 000 € peut être accordée aux PME et ETI qui recrutent une personne diplômée depuis moins de deux ans dans une mission en lien avec la transition énergétique, et ce pour une durée minimale d’un an. Depuis 2021, plus de 850 postes en ont déjà bénéficié, dont la moitié sous forme de contrats d’apprentissage. Magali Le Gouallec, responsable du pôle projets université de Bpifrance, pilote ce dispositif : « Les aides liées au VTE Vert concernent près de 10 % d’ETI et 90 % de TPE ou PME. Environ 35 % relèvent de l’industrie manufacturière et 30 % des activités de service. La majorité des personnes recrutées en VTE Vert est issue d’école d’ingénieurs, avec un niveau bac + 4 , bac + 5 et plus pour 85 % d’entre elles, et bac + 3 pour 15 %. Plus de la moitié des missions porte sur la réduction de l’impact environnemental (sobriété énergétique, calcul et réduction du bilan carbone…). Environ 30 % concernent la création de nouveaux produits ayant un impact environnemental plus faible qu’auparavant. Les deux derniers types de missions sont l’adaptation des process industriels et l’approvisionnement de la chaîne logistique, par exemple la recherche de matières premières plus sobres en énergie et plus durables. » Une étude récente sur une fraction des entreprises ayant bénéficié de l’aide montre que les deux tiers ont gardé la personne diplômée suite à son VTE. « Le plus souvent, les dirigeants avaient déjà décidé d’enclencher la transition, et cette aide a été le coup de pouce qui leur a permis d’accélérer la démarche », analyse Magali Le Gouallec.

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