Financer sa transition

Financer sa toiture solaire en crédit-bail

De plus en plus d’entreprises sollicitent un crédit-bail pour financer leurs projets photovoltaïques en autoconsommation ou injection. Elles versent un loyer au bailleur et peuvent devenir propriétaires de l’installation en fin de contrat.

PAR CAROLE RAP - JANVIER 2022
Principal avantage du crédit-bail pour les entreprises, l’installation financée de cette manière étant considérée comme une location, elle n’apparaît pas au bilan. ©Pixabay

Bien connue des professionnels pour les achats de flotte de véhicules, la formule du crédit-bail s’étend désormais aux installations photovoltaïques. De plus en plus d’entreprises y ont recours pour équiper leurs bâtiments de panneaux solaires. Lors de cette opération tripartite entre le fournisseur de la solution photovoltaïque, l’organisme financier appelé bailleur et l’entreprise cliente dite crédit-preneur, le bien devient la propriété du bailleur. Le crédit-preneur lui verse des loyers pendant la durée du contrat et aura la possibilité de racheter l’installation à l’échéance. « Pour les PME, l’investissement moyen va de 200 000 à 500 000 €. Au-delà, il s’agit soit d’un dossier investisseur, soit d’un grand groupe qui veut équiper un site important », indique Jérôme Blet, directeur commercial régional crédit-bail mobilier et immobilier chez BPCE Lease en Auvergne Rhône-Alpes. Depuis deux ans, la filiale du groupe BPCE a surtout traité des dossiers de tiers investisseurs, ces sociétés qui prennent en charge toute l’installation photovoltaïque à la place des propriétaires des lieux. Mais avec le relèvement du plafond du guichet ouvert à 500 kW pour le photovoltaïque (qui permet de bénéficier du tarif d’achat jusqu’à ce seuil sans passer par les appels d’offres) BPCE Lease voit arriver de plus en plus de dossiers de PME dont l’objectif est d’autoconsommer l’électricité produite.

Formule gagnant-gagnant

Principal avantage du crédit-bail pour les entreprises, l’installation financée de cette manière étant considérée comme une location, elle n’apparaît pas au bilan, ce qui limite leur endettement apparent. « Elles gardent ainsi leur capacité d’investissement », souligne Jérôme Blet. De plus, l’installation photovoltaïque est dimensionnée de façon à ce que les loyers à verser à la banque soient en partie compensés par la baisse de la facture d’électricité en cas d’autoconsommation. Ou par les revenus en cas d’injection de l’électricité sur le réseau. Autre intérêt du crédit-bail, « il permet de financer plus facilement 100 % de l’investissement (même si ce n’est pas obligatoire) car nous avons la garantie intrinsèque de la propriété, alors que le crédit classique demande une quotité d’apport », rappelle Jérôme Blet. Et pour les entreprises qui auraient du mal à décrocher un crédit classique compte tenu de résultats limités, « c’est aussi un outil de financement que nous pouvons proposer à des entreprises dont la santé financière est correcte mais sans plus, car nous gardons la propriété de l’actif », précise Norbert Coudon, responsable financements structurés au Crédit agricole Leasing & Factoring, organisme qui cherche à standardiser une offre de crédit-bail pour les centrales sur toiture. Chez BPCE Lease, la durée de ce type de financement varie « de 7 à 12 ans selon le souhait du client, l’effort que l’entreprise peut accepter et l’électricité générée », analyse Jérôme Blet. Par le crédit-bail, le bailleur s’engage à louer le bien avec promesse unilatérale de vente. En fin de contrat, le crédit-preneur pourra exercer son option d’achat, sans pour autant y être obligé. Mais si les panneaux solaires sont encore en état de produire de l’électricité, il serait surprenant qu’une entreprise souhaite s’en séparer. Surtout vu le prix généralement proposé par BPCE Lease pour les installations photovoltaïques en fin de crédit-bail : 1 euro symbolique. Quant aux coûts financiers, « ils sont analogues à ceux des crédits classiques pour des financements long terme de 10 à 15 ans », affirme Jérôme Blet.

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