Apprendre des autres

Le bois pour réduire l’empreinte carbone des bâtiments tertiaires

Guillaume Wiel est directeur adjoint de la recherche et du développement chez WO2, un promoteur immobilier d’une vingtaine de salariés qui conçoit des bâtiments tertiaires bas carbone en utilisant notamment le bois et la géothermie.

PAR CAROLE RAP - DéCEMBRE 2025
Le Campus Arboretum de Nanterre se compose de
126 000 m2 de bureaux et autres surfaces répartis en 7 bâtiments, dont 5 neufs en bois et 2 rénovés. ©Nicolas Thouvenin

Comment WO2 réduit-il l’empreinte carbone des bâtiments qu’il conçoit ?

Guillaume Wiel : Nous utilisons du bois, un matériau beaucoup moins émissif en CO2 que le béton. Le bois ayant absorbé et stocké du CO2 pendant sa croissance, il constitue un puits de carbone durant toute la durée de vie du bâtiment, c’est-à-dire plusieurs dizaines, voire centaines d’années. Et nous avons même imaginé des scénarios de fin de vie afin de réutiliser le bois d’un bâtiment détruit, par exemple en le retaillant pour en faire un nouveau plancher ou de l’ameublement. Nous concevons aussi des enveloppes très performantes, avec des façades ossature bois incluant une isolation thermique par l’extérieur, ce qui permet de réduire les consommations énergétiques du bâtiment. C’est un principe qu’on peut également appliquer pour de la rénovation, en intégrant davantage d’éléments biosourcés dans la façade réhabilitée ou remplacée. Sans compter que réutiliser une structure béton existante, quand c’est possible, évite aussi des émissions de CO2.

Quel type de bois utilisez-vous ?

G. W. : Nous sommes spécialisés dans la mise en œuvre du bois massif CLT [cross laminated timber, bois lamellé croisé, ndlr], un bois d’ingénierie sous forme de panneaux de 2,5 à 3 m de large et jusqu’à 16 m de long, d’une épaisseur de 60 à 300 mm. Il se constitue de lames de bois massif superposées les unes sur les autres, croisées à 90° et collées entre elles. Cela donne aux panneaux davantage de stabilité que du bois massif. Ils peuvent ainsi servir de murs et de planchers et représentent une alternative légère au béton. Des pare-pluie et des revêtements de façade (enduit, métal, bois…) protègent le bois des intempéries, garantissant sa durabilité malgré les changements d’humidité de son environnement.

Sur le Campus Arboretum de Nanterre, où WO2 a construit cinq bâtiments neufs en bois massif, tous les planchers sont en CLT. Les poteaux et les poutres sont en bois lamellé collé, des planches superposées et collées les unes aux autres pour former des éléments linéaires de grosse section, qui ont in fine les mêmes capacités portantes que le métal, en étant un peu plus larges, et qui résistent mieux au feu.

Pour Arboretum, vous avez aussi installé de la géothermie sur nappe ?

G. W. : Le système géothermique utilise les calories d’une nappe située à 70 m de profondeur, dont l’eau est à une température constante de 14,5 °C toute l’année. L’eau de la nappe est acheminée vers un échangeur au moyen de puits : quatre puits de forage et six de réinjection. Les calories de cette boucle primaire viennent alimenter une boucle secondaire tempérée, qui dessert les cinq bâtiments via une sous-station pour chacun. Les thermofrigopompes de chaque immeuble y puisent ou y réinjectent des calories. Cela permet d’assurer 80 % des besoins de chaleur et de froid du campus.  Des pompes à chaleur classiques produisent les 20 % restants.

Associée à une enveloppe des bâtiments très performante, la géothermie va permettre de diviser par 3,5 les consommations énergétiques pour les locataires par rapport à la moyenne de consommation d’un bâtiment tertiaire dans le croissant Ouest [secteur de la Défense et des communes des Hauts-de-Seine qui entourent la partie occidentale de Paris, ndlr].

Qu’en est-il de l’empreinte carbone d’Arboretum ?

G. W. : Nous avons également appliqué d’autres principes de construction. Par exemple, nous avons réduit de 40 % la surface de faux plafonds, ce qui diminue par conséquent les éléments nécessaires à ce poste (métal, plâtre), et donc l’empreinte carbone liée. Cela confère aussi une valeur d’usage aux bâtiments : le bois structurel est visible, ce qui crée une ambiance chaleureuse. Nous avons décidé de supprimer des coursives extérieures qui auraient eu peu d’utilité, mais nous avons conçu de vastes terrasses. L’objectif est aussi que les gens aient envie de venir travailler ! L’ordre de grandeur des émissions de gaz à effet de serre pour la construction d’Arboretum, c’est 673 kg de CO2 eq/m² sdp (surface de plancher) sur son cycle de vie complet (construction et 50 ans d’exploitation, du berceau à la tombe) versus 1 260 kg de CO2eq / m² pour la construction d’un bâtiment conventionnel en béton.

Campus Arboretum de Nanterre

126 000 m² de bureaux et autres surfaces (centre de conférence, salles de réunion, restaurants…) répartis en 7 bâtiments, dont 5 neufs en bois et 2 rénovés. WO2 était maître d’ouvrage délégué sur ce projet financé entre autres par le fonds d’investissement Icawood. Les bureaux sont loués aux entreprises intéressées.

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