Circuler plus vert

Le covoiturage en entreprise, une question de motivation

La coopérative Mobicoop travaille avec de nombreux organismes privés et publics à la mise en place de services de covoiturage, de gestion de flotte, d’autostop ou de mobilité solidaire. Elle les accompagne du conseil au développement jusqu’à l’animation dans les territoires. Elle met aussi au point des plateformes numériques de covoiturage. Matthieu Jacquot en est l’un des quatre directeurs généraux, en charge du pôle projets et territoires et du pôle technique. Interview.

PAR CAROLE RAP - MARS 2022
Mobicoop peut accompagner l’entreprise dans ses démarches. ©Mobicoop

À qui s’adresse Mobicoop ?

Matthieu Jacquot : Nous constatons trois grandes familles d’entreprises. Il y a celles qui font du greenwashing pour leur rapport annuel de développement durable. Le covoiturage n’est qu’une petite action, qui ne dure pas longtemps. Puis il y a les entreprises motivées et convaincues, pour plusieurs raisons : fidéliser les salariés (le covoiturage crée une dynamique, coûte moins cher, participe à la convivialité), travailler sur l’impact carbone (les déplacements y comptent pour beaucoup), améliorer leur image et leur attractivité. Enfin, il y a les entreprises qui ont une contrainte assez forte, comme un accès sans autre possibilité que la voiture, un manque de places de stationnement, des difficultés de recrutement liées aux difficultés d’accès. Ou encore une entreprise qui déménage et souhaite proposer des alternatives de déplacements à ses salariés.

Quels sont les freins à la mise en place du covoiturage ?

M. J. : Selon moi, le principal frein est financier. L’entreprise se dit que ce n’est pas son métier, qu’elle paie déjà l’impôt “versement mobilité” aux collectivités territoriales, affecté au financement des transports publics urbains. Il y a aussi l’idée que le trajet domicile-travail relève du domaine privé. Côté usagers, les changements de comportement dans les pratiques de mobilité sont des processus longs et difficiles. Il faut du temps et de l’accompagnement pour qu’un automobiliste accepte de ne plus prendre sa voiture tous les jours, à cause des habitudes individuelles, de la crainte de perdre sa liberté, etc.

Quels sont les leviers pour inciter les entreprises à passer au covoiturage ?

M. J. : Pour changer les comportements, il faut accompagner les salariés de manière individuelle. Il y a besoin de travailler sur la communication, sur les incitations financières, sur l’animation. Cela nécessite un référent en interne, qui a du temps dégagé pour animer le dispositif de covoiturage, comme il le ferait pour n’importe quel projet de conduite du changement. Souvent, c’est une personne du service des ressources humaines. Mobicoop peut accompagner l’entreprise dans ses démarches. Nous pouvons effectuer un diagnostic pour mesurer le potentiel, en fonction des contraintes horaires, des domiciliations. L’objectif ensuite est de créer de l’adhésion au projet, en mobilisant une masse critique de gens volontaires. Si besoin, nous pouvons concevoir une plateforme numérique pour mettre en lien les covoitureurs et covoiturés. Certaines entreprises utilisent directement un espace (appelé communauté) sur la plateforme nationale Mobicoop.fr ; d’autres vont utiliser la plateforme locale ou régionale que nous avons développée à la demande de la collectivité concernée, comme Mov’ici pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, où plusieurs entreprises ont créé leur propre communauté. Mais une plateforme numérique seule ne suffit pas à changer les comportements. Il faut mettre des moyens sur la dimension animation.

Repères

Depuis le 1er janvier 2020, la loi d’orientation des mobilités (LOM) de décembre 2019 impose aux entreprises de plus de 50 salariés sur un même site d’insérer dans leurs négociations salariales obligatoires avec les partenaires sociaux un volet mobilité. Si ces négociations n’aboutissent pas, l’entreprise doit mettre au point un plan de mobilité employeur (PDME), ensemble de mesures visant à optimiser les déplacements générés par l’activité d’une entreprise. Le covoiturage peut en faire partie. Dans le cadre de la LOM, le décret du 9 mai 2020 met en place le “forfait mobilités durables”. L’employeur du secteur privé peut prendre en charge les frais de transport personnels entre le domicile et le lieu de travail jusqu’à 500 € par an et par salarié, une somme exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales. Le covoiturage est là aussi concerné (conducteur ou passager).

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