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Le covoiturage, enjeu de recrutement pour Cité marine

Depuis 2017, l’entreprise agroalimentaire Cité marine collabore avec l’association éhop pour accompagner la pratique du covoiturage parmi ses salariés. L’enjeu est aussi de permettre aux intérimaires de se rendre sur les lignes de production bretonnes.

PAR CAROLE RAP - FéVRIER 2022
Fin 2021, éhop avait enregistré 239 covoitureurs solidaires pour Cité marine. ©Cité marine

Pour accéder aux sites de production de Cité marine à Kervignac, en Bretagne, les transports en commun ne sont pas adaptés. Ils le sont encore moins pour les opérateurs qui démarrent à l’aube. Une difficulté pour cette entreprise de l’agroalimentaire, qui emploie 1 700 collaborateurs pour élaborer des produits à base de poissons ou de légumes. « Le partenariat avec éhop est né suite à deux problématiques rencontrées. La première, c’est que nous étions obligés de refuser des candidats parce qu’ils n’avaient pas de solution de mobilité pour venir travailler chez Cité marine. En effet, nous avons besoin de gens qui soient présents tous les matins. Nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir un nombre important d’absents dans les équipes pour faire tourner les lignes. La seconde, c’était de permettre aux salariés de venir travailler certains jours où ils n’avaient pas de véhicule. Le covoiturage est une garantie, ils ne s’en servent pas tous les jours mais au moins, ils savent que ça existe », explique Céline Leroux, directrice des ressources humaines de Cité marine.

Une démarche volontaire

La proposition d’éhop fut de créer un vivier de covoitureurs solidaires dans l’entreprise, une démarche envisageable compte tenu du grand nombre de salariés. « La solidarité, c’est un levier pour aller vers le covoiturage et le pérenniser. Nous avons proposé à tous les gens qui viennent en voiture de partager leurs trajets », raconte Guylaine Davenet, cheffe de projets employeurs chez éhop. Pour cela, l’association a signé une convention d’accompagnement avec Cité marine. « Nous avons travaillé en amont avec les ressources humaines. Il faut le soutien du management. Nous organisons des campagnes de communication en interne, couplées à des actions de terrain. Nous recrutons des covoitureurs solidaires au moment des changements d’horaires. Nous expliquons que cette solution repose sur le volontariat, que c’est aussi pour aider les intérimaires. Celles et ceux qui acceptent de partager leur trajet, nous les inscrivons sur une base de données », détaille Guylaine Davenet. Fin 2021, éhop avait enregistré 239 covoitureurs solidaires pour Cité marine.

Personnaliser la mise en relation

Seconde mission, chercher des solutions pour chaque demande de covoiturage. éhop a mis à disposition un numéro de téléphone auquel deux salariés répondent 5 jours sur 7, 7 heures par jour. S’ils trouvent des covoitureurs sur les mêmes localités, ils les mettent en relation avec les demandeurs. « C’est une démarche très fine et personnalisée. Les gens ne passent pas par une plateforme », souligne la cheffe de projets. L’usage est alors de partager les frais sur une base de 8 centimes d’euro du km, à diviser par le nombre de personnes dans la voiture. Ou d’alterner l’utilisation des véhicules personnels.

Le même numéro de téléphone est utilisé pour toutes les demandes en Bretagne, qu’elles concernent ou non Cité marine. Mais les requêtes satisfaites sont plus élevées pour ce qui est de l’entreprise. « En 2021, nous avons eu 200 demandes pour Cité marine et trouvé une solution pour 102 personnes, soit un taux de réussite de 51 %. C’est beaucoup pour nous. En Bretagne, notre moyenne générale est de 30 % », assure Guylaine Davenet. Sur les 200 demandes, près de la moitié provenait d’intérimaires, vivier important de covoiturés. En valeur absolue, 102 solutions trouvées signifient bien davantage que 102 trajets covoiturés, puisqu’il peut s’agir de trajets sur plusieurs jours ou semaines. « Quand des personnes se mettent directement en relation sans plus passer par nous, on se dit “c’est gagné, ils sont dans la pratique !” Et puis ça renforce le lien social, surtout en cette période. Cité marine l’a bien compris », analyse Guylaine Davenet. « Pour moi qui me lève tôt le matin, ça permet de discuter. Il y a un sens humain et écologique. C’est important qu’on remplisse les voitures, tout simplement », confirme Quentin, covoitureur solidaire chez Cité marine.

Covoiturage solidaire avec éhop
Créée en 2002, éhop est une association loi 1901 qui accompagne les changements de comportement pour engager la pratique régulière du covoiturage quel que soit le motif du déplacement (travail, courses, santé, loisirs, etc.) Elle travaille avec les collectivités et les employeurs en Bretagne et en Loire-Atlantique. Elle emploie 14 salariés, affiche 24 entreprises membres réparties sur 52 sites en Bretagne et reçoit le soutien de 35 établissements publics de coopération intercommunale, départements et régions ainsi que de l’Ademe Bretagne. En 2021, elle a reçu 960 demandes de covoiturages solidaires en Bretagne, et a trouvé des solutions pour environ 30 % d’entre elles.

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