Apprendre des autres

Le transporteur Blondel Voisin roule à l’huile de colza

La PME normande de transport utilise du B100 (biodiesel) pour une partie de sa flotte, lave ses camions grâce à des récupérateurs d’eau de pluie et autoconsomme de l’électricité solaire.

PAR CAROLE RAP - JUIN 2023
Sébastien Voisin.©Agnès Voisin

Issu d’une famille d’agriculteurs, Sébastien Voisin aime rappeler son « bon sens paysan ». « Pourquoi faire venir des tankers qui transportent du pétrole de l’autre bout de la planète, quand vous avez du biodiesel à vos pieds ? Le colza est produit dans mon département, il est trituré à Rouen à 30 km et c’est nous qui allons le chercher : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? » souligne le gérant de Blondel Voisin, société de transport de produits agricoles. En 1986, il n’a que 22 ans quand il crée son entreprise « avec un seul camion », se souvient-il. Aujourd’hui, la PME détient une centaine de véhicules lourds. Et depuis quatre ans, une quarantaine d’entre eux roulent au biodiesel. C’est dans un journal professionnel que Sébastien Voisin découvre la possibilité d’utiliser de l’huile de colza dans un moteur gasoil, lui dont l’activité principale consiste justement à livrer des graines de colza, des tourteaux et des huiles. Il se renseigne auprès de son constructeur automobile (Volvo Trucks) et auprès de l’entreprise Saipol, filiale du groupe Avril. Non loin de chez lui, à Grand-Couronne près de Rouen, une usine Saipol fabrique du biocarburant B100 de marque Oleo100 à partir de colza. « Nous avons commencé par tester le B100 sur trois camions en avril 2019, et comme cela se passait très bien, nous avons changé le gasoil par du B100 sur une quarantaine de camions dès le 1er juillet de cette année-là », raconte Sébastien Voisin. En revanche, seuls les véhicules aux normes de pollution Euro V ont pu passer au B100. Les camions plus récents, conformes à la norme Euro VI, ne sont pas tous compatibles avec ce biodiesel (voir encadré). « Notre objectif est d’atteindre 100 % de nos camions roulant au B100 d’ici cinq ans. Mais on a du mal à en trouver. Il y a une pénurie de pièces, de plus les constructeurs ont réduit les volumes », analyse Sébastien Voisin.

L’avantage du végétal

Selon lui, le B100 présente plusieurs avantages. « Il est miscible avec le gasoil. Si le camion doit mettre du gasoil, il est possible de le mélanger avec le B100. À la différence du gasoil, ce n’est pas un produit classé dangereux, ce qui permet de le stocker dans une cuve sans avoir besoin de faire de déclaration. De plus, si un camion se couche, il n’est pas nécessaire de dépolluer le terrain à l’endroit de l’accident. Enfin, il s’agit de circuit court. On apporte les graines de colza à l’usine Saipol et on va chercher notre B100 », se réjouit le gérant. Blondel-Voisin distribue également le B100 pour le compte de Saipol. « Dans ses appels d’offres, le groupe Avril demande aux transporteurs qu’ils roulent avec une partie B100 », confie Sébastien Voisin. Du point de vue économique, l’usage du B100 est plutôt neutre. « On en consomme un peu plus, environ 3 à 5 %, mais le prix est légèrement inférieur au prix du gasoil », assure-t-il. En parallèle, l’entreprise utilise l’eau de pluie ruisselant des bâtiments pour le lavage extérieur de ses véhicules. L’eau est récupérée et stockée dans des cuves totalisant 120 m3. « Nous sommes en Normandie, où il pleut régulièrement toute l’année. On consomme environ 80 % d’eau de pluie et 20 % d’eau du réseau. Économiquement cela ne change pas grand-chose, c’est surtout écologique », reconnaît Sébastien Voisin. Écologiques aussi, les panneaux photovoltaïques sur trackers (suiveurs solaires) installés près du parking en 2012 par la société Okwind. D’une surface d’un peu plus de 100 m2, ils produisent de l’électricité directement autoconsommée par l’entreprise, sans qu’elle sache combien exactement.

Les biocarburants oléagineux

La filière des biocarburants gazole, souvent regroupés sous l’appellation « biodiesel », comprend différents produits, fabriqués à partir d’huiles issues de plantes oléagineuses, de graisses animales ou d’huiles usagées. Les esters méthyliques d’acides gras (Emag) sont utilisés en mélange dans le gazole B7 commercial à hauteur maximale de 7 % en volume. Les Emag peuvent également être incorporés à hauteur de 10 % dans le gazole B10, de 30 % en volume dans le gazole B30, et jusqu’à 100 % dans le B100. Le B30 et le B100 ne sont pas commercialisés en station-service car ils ne sont pas compatibles avec les moteurs de nombreux véhicules diesel déjà mis en circulation. Le B30 et le B100 sont réservés à une utilisation en « flotte captive », c’est-à-dire pour des flottes de véhicules qui disposent de leur propre logistique d’approvisionnement et de distribution et de conditions de maintenance adaptées.

source: https://www.ecologie.gouv.fr/biocarburants

Véhicules B100

Le B100 est un biocarburant compatible avec les motorisations diesel de la norme EN14214, destiné aux flottes captives de poids lourds de plus de 3,5 tonnes (camions, cars, bus, engins de chantiers, etc.), qui comporte l’avantage de se substituer immédiatement au gazole, tout en restant miscible et réversible avec celui-ci. La possibilité de rouler au B100 dépend des normes de pollution des véhicules :

– Euro I à V : immédiatement et ce, sans changement moteur ;

– Euro VI : grâce à une légère modification du moteur appelée rétrofit pour les véhicules disponibles, ou bien immédiatement homologué B100 pour les véhicules neufs.

source: https://oleo100.com/actualites/article/b100-exclusif/

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