Passer aux renouvelables
Quand l’agrivoltaïque se met à l’autoconsommation collective
Dans le Calvados, une centrale agrivoltaïque fournit en électricité quatre sociétés du territoire, dont la Caisse d’Épargne, qui a saisi là l’opportunité d’une énergie propre en circuit court.

L’agrivoltaïsme, on connaît. L’autoconsommation collective aussi. L’alliance des deux, un peu moins, car elle commence tout juste à se développer sur le territoire. TSE, entreprise française, a lancé sa première centrale agrivoltaïque en autoconsommation collective (ACC) à Souleuvre-en-Bocage (Calvados). Sous cette « canopée agricole », un élevage de vaches laitières Prim’Holstein. Avec une puissance installée de 2,9 MW sur 3,4 hectares, l’installation produira environ 3 700 MWh d’électricité renouvelable chaque année. Mise en service en janvier 2024, elle a été ouverte à l’autoconsommation il y a quelques mois. « La valeur de la centrale est ainsi partagée avec les entreprises du coin et les riverains, dans l’idée de l’intégrer le plus possible à son territoire », développe Bénédicte Vignoboul, directrice Valorisation de TSE.
Modèle gagnant-gagnant
Pour le moment, quatre sociétés se sont ainsi raccordées : le zoo de Jurques, la Banque Populaire, Mc Donald’s et la Caisse d’Épargne Normandie. C’est Sunflow, personne morale organisatrice, qui s’occupe de la clé de répartition de l’électricité produite. Des particuliers riverains – dans la limite maximum de 20 kilomètres – peuvent ainsi déposer une demande de rattachement.
Pour Bruno Goré, président du directoire de la Caisse d’Épargne Normandie, participer à cette opération tombait sous le sens . « Nous avons déjà équipé deux de nos sites non loin de panneaux photovoltaïques – à Caen, une ombrière d’une puissance de 65 kW couvrant 25 % de nos besoins, à Bois-Guillaume, une ombrière et une toiture de 134 kWc au total couvrant 19 % de nos besoins – et avons à cœur de financer ce type de projets œuvrant à la transition. Le fait que cela apporte un complément de revenus à un agriculteur nous paraît aussi très important, c’est un modèle gagnant-gagnant. »
43 % des besoins
L’agence de Villers-Bocage de la Caisse d’Épargne a donc été raccordée à l’opération d’ACC en septembre 2025. Ici, pas besoin d’intervention technique, ni de nouveaux câbles ou compteurs, il suffit d’un changement de répartition opéré par Enedis. « Depuis lors, cette électricité verte et locale a couvert 43 % des besoins de l’agence (250 m² de surface, chauffage non électrique, ndlr) », poursuit Bruno Goré. Pour la gestion administrative, pas de problème spécifique, juste une facture d’électricité en plus de celle du fournisseur « classique ». « Le prix du kWh est un peu moins cher (-14 %), mais ce n’est pas ce qui a primé dans notre choix de rejoindre l’ACC. C’est davantage les baisses d’émissions carbone que permet cette solution d’énergie propre et le fait d’entrer dans un projet de territoire. »
TSE suit quant à elle les rendements agricoles de cette « canopée ». « Les rendements [quantité d’herbe récoltée sous différentes formes ou pâturée et ingérée directement par les animaux, ndlr] constatés sont de + 30 % à + 90 % sous la canopée versus zone témoin pour les mois de juin à août 2025, avec une moyenne de +52 % », indique Marie Belingard, directrice marketing de TSE.
En Normandie, la Caisse d’Épargne décarbone
Sur toute la Normandie, la Caisse d’Épargne a réduit ses émissions de CO2 de près de 18 % grâce à ses différentes actions (panneaux et ombrières photovoltaïques, raccordement à un réseau de chaleur pour l’une des agences, parc automobile électrique…) .


