Passer aux renouvelables

Solaire thermique : louer plutôt qu’investir

Pour relancer un marché à la peine, Eklor Invest installe du solaire thermique en location longue durée pour la production d’eau chaude sanitaire.

PAR CLAIRE BAUDIFFIER - AVRIL 2021
Une soixantaine de personnes logent au foyer d’accueil médicalisé de Lannelongue. Deux installations ont été mises en place en 2019, pour une surface totale de 120 m² de capteurs. Le volume de stockage est de 4 300 litres pour une consommation ECS de 1 746 m³ par an. ©Eklor

« Évolutions réglementaires, concurrence d’autres systèmes comme les pompes à chaleur et installations qui ont pâti d’erreurs de conception expliquent aujourd’hui un marché du solaire thermique à la peine », avance Guillaume Pradere, chargé de développement d’Eklor Invest. Cette société, pour redonner confiance aux clients, mise sur un modèle différent : la location longue durée d’installations pour la production d’eau chaude sanitaire (ECS).
« Nous développons, concevons et fabriquons nos solutions. Cela permet de supprimer les intermédiaires et de proposer un modèle de financement différent pour les maîtres d’ouvrage. Ainsi, le loyer enveloppe le développement du projet, l’investissement et la maintenance sur toute la durée du contrat, en général de dix ans », précise Guillaume Pradere. L’objectif est que le montant du loyer ne dépasse pas les économies d’énergie réalisées. « Le client s’engage sur un niveau annuel de consommation. Nous garantissons un niveau de performance de l’installation par rapport à cet engagement. En cas de contreperformance et si la consommation du client est respectée, des avoirs sont délivrés. »

Autour de 8 centimes d’euros le kWh

Pour le moment, quatre installations ont vu le jour sur l’île d’Oléron. La communauté de communes, engagée dans la démarche Tepos, avait identifié, en 2018, des sites avec un potentiel solaire et avait financé une quarantaine d’études. Certains propriétaires semblaient intéressés, mais, rebutés par les retours sur investissement – de l’ordre de huit à vingt ans –, peu étaient en capacité de se lancer. « C’est à ce moment que nous avons mis en place notre offre et que l’on a donc recontacté, en lien avec l’Ademe, ces maîtres d’ouvrage potentiels pour présenter notre solution », poursuit Guillaume Pradere. Ainsi, aujourd’hui, quatre installations ont été réalisées : deux dans un foyer d’hébergement, une dans un camping et une dernière dans un hôtel. « Il faut un besoin en ECS d’au moins 2 000 litres par jour et une surface de capteurs solaires d’au moins 30 mètres carrés pour que cela soit pertinent. » Le prix affiché est autour de 8 centimes d’euros le kWh pour 50 m2 de capteurs solaires et baisse à mesure que la taille de l’installation augmente. « Vu le prix du gaz de ville en ce moment, il faut de grandes installations pour être compétitif. En revanche, la solution l’est par rapport au gaz propane, au bois, au fioul ou à l’électricité », indique Guillaume Pradere. La couverture des besoins varie entre 30 % et 70-80 % selon les installations. Des appoints sont nécessaires. Au terme des contrats, trois scénarios sont possibles : une prolongation de ce dernier, un rachat de l’installation par le client (à 10-15 % de son prix initial) ou un démontage.

Exemple au foyer de Lannelongue

Ce foyer d’accueil médicalisé à Saint-Trojan loge une soixantaine de personnes avec des besoins importants et linéaires en ECS. Deux installations ont été mises en place en 2019, pour une surface totale de 120 m² de capteurs (autour de 59 000 kWh produits). Le volume de stockage est de 4 300 litres pour une consommation ECS de 1 746 m³ par an. « Nous avions avant une solution 100 % gaz. Aujourd’hui, il y a toujours un apport gaz, mais l’installation nous permet de réaliser des économies de l’ordre de 3 000 à 4 000 euros par an, en fonction du prix du gaz bien sûr », précise Jean-François Richard, directeur du foyer.