Passer aux renouvelables
Solaire thermique pour une blanchisserie interhospitalière
En Bretagne, une blanchisserie interhospitalière a mis en place une solution solaire thermique dans le cadre d’un contrat chaleur renouvelable avec l’Ademe. Grâce à 306 m² de capteurs solaires, elle couvre 40 % de ses besoins en chaleur pour le lavage.

Ouverte depuis la fin des années 1970, la Blanchisserie interhospitalière de Caudan, dans le Morbihan, est l’une des plus grosses blanchisseries industrielles de Bretagne, traitant 14 tonnes de linge par jour. Auparavant, elle faisait uniquement appel à une chaudière à gaz pour répondre à ses besoins en eau chaude : 1 473 m³ par an au total, soit une consommation annuelle de 4 054 kWh. Engagée dans un programme de rénovation et de modernisation de ses équipements, l’entreprise souhaitait réduire cette consommation. Elle a pour cela fait le pari du solaire thermique, dans le cadre d’un contrat chaleur renouvelable (CCR), un dispositif financé par le Fonds chaleur de l’Ademe. Cette technologie était la plus adaptée à la situation, notamment grâce à la toiture disponible, mais aussi pour fournir les hauts régimes de température nécessaires. « Un animateur CCR a sensibilisé et accompagné l’entreprise, indique Claire Barais, référente nationale solaire thermique pour l’Ademe. Après un premier dimensionnement et les premières simulations de production d’énergie, il a rédigé une note d’opportunité, ce qui a permis à la blanchisserie de voir si elle souhaitait aller plus loin. » Un bureau d’études, obligatoire pour les grands projets, a ensuite mené une étude de faisabilité, financée en partie par l’Ademe, et il a défini le dimensionnement de l’installation. Pendant le développement du projet, la blanchisserie a été accompagnée par la société publique locale Bois énergie renouvelable (SPL BER) sur les aspects techniques, pour le choix des entreprises, etc.
Double stockage de l’eau solaire
Après la rénovation de la toiture, financée par la blanchisserie, les travaux ont duré trois mois et l’installation a été mise en service fin 2023. Elle consiste en 306 m² de capteurs, pour une puissance de 217 kW, associés à deux ballons de 15 m³ chacun pour stocker l’eau chaude solaire. « La récupération de la chaleur fatale provenant des laveuses permet d’abord de faire monter la température de l’eau à 28 °C, avant que les capteurs solaires prennent le relais. L’eau est ensuite envoyée dans les ballons. Sa température peut y monter jusqu’à 80 °C », explique Claire Barais. En outre, l’installation est autovidangeable. « Si la production des capteurs est supérieure aux besoins de la blanchisserie et que le stockage est déjà monté en température, l’installation s’arrête automatiquement, ce qui permet d’éviter tout risque de surchauffe. » Le projet solaire thermique (étude structure, capteurs, ballons de stockage, raccordements, etc.) a nécessité un investissement de 631 000 € et il a bénéficié d’une aide 262 000 € (1€ par MWh produit). Cette dernière a été versée en deux fois : 80 % du montant à la mise en service et le restant, un an après, les objectifs de performance ayant été atteints. Les capteurs solaires produisent environ 200 MWh par an, ce qui permet à la blanchisserie de couvrir 40 % des besoins en chaleur de ses tunnels de lavage. L’installation lui permet également d’éviter l’émission de 1 000 tonnes de CO2 par an.