Circuler plus vert

Véhicules d’entreprise : passer à l’électrique, grâce au rétrofit

Passer du thermique à l’électrique sans changer de voiture ou d’utilitaire ? Une solution que développe Transition-One pour augmenter la mise en circulation des voitures électriques sur le marché, réduire les émissions de CO2 et anticiper la fin de la vente des voitures thermiques en 2040.

PAR ESTELLE BOUTHELOUP - MARS 2021
Véhicules d’entreprise : passer à l'électrique, grâce au rétrofit
Le pari de Transition-One est de miser sur les trajets courts (100 km à 200 km/j maxi). ©Transition-One

Quatre heures et c’est tout ! Le temps d’extraire le groupe motopropulseur thermique (essence ou diesel) et de le remplacer par un bloc-moteur 100 % électrique et des batteries. « Depuis le 13 mars 2020, le rétrofit est homologué et autorisé en France [Journal officiel du 3 avril 2020, ndlr] et bénéficie d’aides publiques », explique Aymeric Libeau, fondateur de Transition-One, acteur du rétrofit depuis 2018. Positionné sur les petites citadines et les utilitaires légers (Fiat 500, Twingo, Clio, 207, Berlingo, Kangoo, Partner…), nombreux sur les routes, il souhaite avant tout que cette solution ait un impact massif pour répondre aux enjeux urgents de mobilité et de transition énergétique. « Comment faire économiser un million de tonnes de CO2 ? Avec les volontés et les actions de chacun. Il faut 100 000 rétrofits en cinq ans en première étape, mais l’objectif est d’atteindre à terme plusieurs millions de véhicules. 10 000 km en voiture émettent 1 tonne de CO2. Selon les scientifiques, chaque individu doit réduire de 7 tonnes ses émissions. En supposant que je change une voiture qui a 20 000 km en un an, je fais gagner 2 tonnes. d’émissions. Et 2/7e, c’est beaucoup ! »

Rétrofit ou voiture électrique neuve ?

Alors que sa fabrication génère énormément de CO2 et qu’il faut compter entre 20 000 et 25 000 € (après subventions) pour acquérir une petite voiture électrique neuve, le pari de Transition-One est de miser sur les trajets courts (100 à 200 km/j maxi). Un petit besoin d’autonomie nécessitera de petites batteries et en réduira d’autant le coût, soit 5 000 € le rétrofit après subvention, 11 000 € pour une autonomie de 200 km, tant pour une PME, TPE, qu’un artisan, un commerçant ou une collectivité. « Les entreprises ne doivent pas participer en cachette, mais créer une vague de réduction des émissions dans leurs flottes automobiles pour que ce soit significatif ». Quant au coût, il peut ne pas être neutre pour une entreprise : « une petite voiture coûte entre 7 et 9 € en carburant pour 100 km. Avec l’électrique on passe à 2 €. Et en coût d’entretien c’est une réduction de 30 à 50 %, avec un amortissement en trois ans et demi. À l’entreprise d’évaluer si acheter une voiture électrique n’est pas un acte surdimensionné. »

Anticiper la fin du thermique

Avec d’ambitieux objectifs de décarbonisation, Vinci Facilities s’est lancé dans une exploration élargie des moyens d’électrification de ses flottes en étudiant notamment la solution du rétrofit. « Le seul pôle Direction compte 1 200 véhicules, de la Clio à la fourgonnette de chantier, lance Nicolas Galet, responsable du Développement bas-carbone chez Vinci Énergies France – Facilities Sud Centre Est. L’un des freins au rétrofit c’est que nos parcs sont en location longue durée et que nous n’avons pas la main pour intégrer directement cette solution à court terme dans notre stratégie. En revanche, nous pouvons guider les loueurs vers ce modèle. » Une alternative à fortement considérer à l’approche de l’interdiction du diesel dans certaines grandes villes (Grand Paris, Strasbourg, Grenoble, voire peut-être Bordeaux et Marseille) et de l’arrêt de la vente des voitures thermiques en France en 2040.