Retour d'expérience

Des fraises plus grosses sous abri photovoltaïque

Alors que le décret sur l’agrivoltaïsme est présenté au Conseil supérieur de l’énergie depuis le 19 décembre, introduisant des obligations de résultats en termes de rendement agricole aux projets d’installation photovoltaïque sur des parcelles agricoles, les expérimentations se multiplient pour montrer l’intérêt agronomique des ombrières dynamiques sur les cultures, dans un contexte où le changement climatique met à rude épreuve les vignes, les arbres fruitiers et les autres petites cultures. En témoignent de nouveaux résultats venant de cultures de fruits rouges du lycée horticole de Dardilly, dans le Rhône.

PAR CHRISTEL LECA - JANVIER 2024
Après trois mois de tests, les fraises sous panneaux sont plus grosses que celles cultivées dans la parcelle témoin. ©Pixabay

Les premiers résultats des Parcelles du Futur, démonstrateur développé par la Compagnie nationale du Rhône (CNR) au lycée horticole de Dardilly, dans le Rhône, avec le soutien de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, sont prometteurs : une baisse de l’irrigation pour les framboises de 45 %, des températures inférieures de 7,5 °C dans les pots des plantes de la pépinière et jusqu’à 14,8 °C de moins dans le sol pour les fraises.

Des températures au sol et des besoins en eau inférieurs

L’installation agrivoltaïque consiste en 500 panneaux photovoltaïques mobiles installés début 2023 à six mètres au-dessus de parcelles de fraises, framboises et plantes d’ornement. Les panneaux s’orientent à l’aide d’algorithmes à partir de données fournies par des capteurs mesurant la luminosité, la température, l’hygrométrie et l’état de stress hydrique des plantes. « Après trois mois de tests, les fraises sous panneaux sont plus grosses que celles cultivées dans la parcelle témoin, constate Camille Crevat, cheffe de projets à la direction Transition énergétique et innovation de la CNR, et les framboises plus mûres. Les températures au sol et les besoins en eau sont bien inférieurs. »

Les panneaux sont raccordés au réseau depuis le printemps dernier, mais il est encore trop tôt pour connaître la rentabilité de l’installation grâce à la production d’électricité. En outre, il s’agit ici de maximiser la production agricole. Pour Sun’Agri, partenaire du projet et spécialiste de l’agrivoltaïsme, les Parcelles du Futur ont l’intérêt de porter sur de nouvelles cultures et permettent de vérifier in vivo leur comportement sous abri. « Nous déployons des projets en viticulture et arboriculture, explique Cécile Magherini, directrice générale déléguée de Sun’Agri, et avons besoin de valider des données bibliographiques sur les fruits rouges, par exemple. Mais surtout, ce projet a une ambition de formation, auprès des étudiants comme des professionnels, car rien ne sera possible en agrivoltaïsme sans une adaptation des pratiques culturales. »

Retour sur investissement à 15 ans

Avec son recul, Sun’Agri peut aujourd’hui montrer que le tracking solaire, qui maximise la production d’électricité par rapport au rendement agricole, entraîne des pertes de rendement de 20 à 40 % en viticulture et de 15 à 60 % en arboriculture. Mais qu’en est-il de la production électrique si l’objectif agricole prime ? « Nous travaillons là où les cultures ont le plus besoin de protection, c’est-à-dire dans des zones à fort ensoleillement, précise Cécile Magherini, mais nos projets produisent autant que la moyenne nationale des installations fixes. Ils demandent cependant des investissements importants pour rehausser les panneaux afin de laisser passer des engins agricoles ou les faire tourner en fonction de la course du soleil. C’est une synergie à trouver entre production agricole et électrique, mais le temps de retour sur investissement est de 15 ans, pour une durée de vie de 30 ans des installations. »

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