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Véhicules légers intermédiaires : bilan de l’eXtrême défi
Dans le cadre de l’eXtrême défi mobilité 2022-2025, l’Ademe a pu tester des usages professionnels de véhicules légers intermédiaires dans plusieurs territoires. Le programme a également permis de fédérer de nombreux constructeurs et de développer une centaine de prototypes dont certains sont en cours d’industrialisation.

Les véhicules légers intermédiaires ou « vélis », à moteur ou à pédales, constituent une solution intéressante pour décarboner les flottes des entreprises (voir « Le renouveau des véhicules légers intermédiaires »). C’est la raison pour laquelle l’Ademe a lancé le programme eXtrême défi mobilité. Pendant trois ans, celui-ci a permis d’avancer sur plusieurs thématiques simultanément.
Étudier la demande, les motivations et les freins
Afin d’étudier la question de la demande, des expérimentations ont par exemple été menées dans une vingtaine de territoires, en coopération avec des chercheurs et des collectivités. « En 2023, quelques vélis, ainsi que des guides, ont d’abord été proposés aux habitants de six collectivités volontaires pendant un mois, en remplacement de leur véhicule personnel et un groupe de travail a collecté et analysé les retours d’expérience via des questionnaires et l’installation de capteurs GPS sur les vélis », explique Johana Casallas, ingénieure Transports et Mobilité à l’Ademe.
En outre, l’Ademe a étudié, avec le Cerema, les freins au développement du véli, par exemple les aménagements qui sont plus ou moins favorables. D’autres territoires ont rejoint l’initiative en 2024. Au total, l’Ademe en a accompagné quinze en direct. Les autres ont été suivis par des laboratoires de recherche en sciences humaines et sociales afin d’étudier les comportements des utilisateurs, les motivations à continuer après la phase de test, les freins au changement de véhicule, etc.
Cas d’usage
Outre les déplacements domicile-travail, des usages professionnels ont fait l’objet de tests, en particulier dans le secteur de la logistique, comme à Nantes où trois vélis ont été utilisés pour transporter des marchandises sur une distance de 10 km, entre les Mines et l’Île de Nantes. À ce titre, si les grossistes et la direction des Mines de Nantes étaient intéressés, les chauffeurs se sont montrés plus réticents, selon l’Ademe, en raison d’un manque de concertation. Finalement, les acteurs de la cyclologistique étaient davantage partants. « Des discussions avec les parties prenantes et une bonne préparation en amont sont indispensables, recommande Johana Casallas. En fonction des situations locales, des associations, des communes ou des habitants peuvent être moteurs. »
Dans le secteur de la santé, deux vélis à pédales et deux vélis à moteur ont notamment été testés pendant un mois dans la métropole du Mans, avec une association qui coordonne plusieurs auxiliaires de vie. Un partenariat a été mis en place avec un garage solidaire et un formateur en sécurité routière. Une équipe était préparée pour former les personnes volontaires et le résultat est positif. « Celles-ci ont considéré qu’elles pouvaient remplacer leur voiture dans la plupart des cas. Reste la question de l’accès aux vélis et du modèle économique. Pour l’association, par exemple, il est compliqué d’acheter ou de louer des vélis car les auxiliaires de vie utilisent habituellement leur véhicule personnel », indique Johana Casallas. La collecte des différents retours d’expérience est en cours. Les résultats seront communiqués début 2026.
Développement d’une offre
Concernant l’offre de vélis, une centaine de prototypes et treize équipes, lauréates d’un appel à projets industrialisation, ont été accompagnées. En outre, un appel à projets a été lancé afin de concevoir un habitacle qui réponde à différents usages. L’Ademe annoncera prochainement les lauréats. « Nous continuons à travailler avec toutes ces équipes la conception, la coopération, ainsi que la mutualisation des composants et des processus d’assemblage. Pour un territoire, il va être intéressant de disposer des acteurs compétents pour assurer localement l’assemblage, mais aussi les réparations et la maintenance, d’autant que cela peut créer des emplois », assure Johana Casallas.
Désormais, l’Ademe va faciliter la visibilité des solutions, en particulier pour les entreprises. Celles-ci peuvent d’ores et déjà consulter ici une page affichant toutes les informations disponibles : modèles à la vente ou en location, véhicules en cours d’homologation, etc. Elles ont également la possibilité de remplir un questionnaire afin d’être mises en relation avec les fabricants. Cela permettra aussi à l’Ademe de lancer un programme d’accompagnement adapté.


